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Aminata Sow Fall : Une écrivaine sénégalaise, une plume universelle

Aminata Sow Fall

L’auteure sénégalaise Aminata Sow Fall a une plume universelle. Son œuvre littéraire lui a valu le Grand prix de la francophonie de l’Académie Française et deux présélections pour le Goncourt, en 1979 et en 1997. Aujourd’hui, à 75 ans, elle publie L’Empire du Mensonge, aux éditions Khoudia. Infatigable, malgré le poids des années, elle enchaîne les voyages à la rencontre du public. Après Kaolack vendredi, l’auteure de La Grève des bàttu s’est arrêtée ce weekend à l’institut français de Dakar pour échanger avec ses nombreux lecteurs.

C’est une salle de cinéma de l’institut français de Dakar qui a servi de décor pour exposer la dernière fiction de la Sénégalaise. L’Empire du Mensonge, un ouvrage de 133 pages, est le 12e roman d’Aminata Sow Fall. Comme toujours, son écriture est déclenchée par ce qu’elle ressent et place l’Humain au coeur de ses préoccupations. Dès les premières pages, l’auteure donne le ton. Aminata Sow Fall repousse le mensonge et explique que sa pratique « inhibe les consciences et pourrit l’atmosphère ».

Le mensonge artistique sublime et nous fait rêver

Si la dame de 75 ans dénonce le mensonge dans la vie quotidienne, elle admet l’utiliser dans son travail artistique. «L’artiste c’est quelqu’un qui est sincère. Le mensonge, il est partout, le mensonge de l’art, lui il est bon. C’est sublime, cela nous permet de rêver. Ça nous enchante et nous met au-delà de toutes les barrières.»

Par contre, l’auteure refuse ce mensonge qui rythme notre quotidien et qui n’est pas seulement une caractéristique de la société sénégalaise. En août dernier, au Maroc, l’écrivaine franco-marocaine, Leila Slimani, a publié «Sexe et mensonges, la vie sexuelle au Maroc». Comme la Marocaine, la Sénégalaise fait le même constat et dénonce le mensonge qui nous plonge dans les pratiques faciles. «Le mensonge a dégradé le monde. Je ressens les méfaits et ces méfaits dégradent nos vies. Le mensonge nous plonge dans une paresse. Avec le mensonge, nous pensons».

Pour sortir de ce piège, l’auteur mise beaucoup sur l’éducation. Elle préconise une démarche qui inculque des valeurs telles que le travail et l’amour du prochain. Ainsi, dans L’Empire du Mensonge, Aminata Sow Fall nous présente deux personnages : Sada, le garçon sans expérience et son père Mapaté, un sage infirme qui lui apprend à être toujours une personne honnête.

L’intuition de la femme est miraculeuse

À 75 ans et avec plus d’une douzaine d’ouvrages à son actif, il serait une lapalissade de dire qu’Aminata Sow Fall a atteint la maturité de l’analyse sociale de nos populations. Pionnière dans l’écriture chez les femmes, la doyenne ne s’est jamais affichée comme une féministe dans son écriture. Car tout l’intéresse : les femmes, les hommes, les enfants. Avec L’Empire du Mensonge, un personnage se dégage et nous fascine : Borso. Elle tient une librairie dans le quartier et écrit des pièces de théâtre. Aminata Sow Fall semble donner un pouvoir à cette femme. Ses gestes, sa parole, son action, tout est en symbiose avec la nature. Borso est attentionnée, dynamique, enthousiaste et aime ses proches, car elle offre son temps aux autres. «La femme vit en communion avec la nature. Elle est artiste, elle crée la beauté autour d’elle, donne vit à son environnement, interprète mieux les gestes que les hommes. Les femmes se donnent le temps d’entrer dans la matière de manière intelligente, de manière humaine. Les femmes captent le monde mieux que les hommes. L’intuition de la femme est miraculeuse.»

À travers une écriture basée sur l’humanisme depuis le début de son aventure littéraire, Aminata Sow Fall interroge notre quotidien. Avec des sujets qui nous interpellent, elle recompose, recrée et réinvente le réel. Récipiendaire du Grand prix de la francophonie de l’Académie Française en 2015, la doyenne utilise toujours sa plume pour véhiculer les valeurs africaines.

Liste des romans et des nouvelles d’Aminata Sow Fall :

Le Revenant (NEA, 1976), La Grève des bàttu (NEA, 1979), L’Appel des arènes (NEA, 1982), L’Ex-Père de la nation (L’Harmattan, 1987), Le Jujubier du Patriarche (Khoudia, 1993), Douceurs du bercail (Khoudia, 1998), Sur le flanc gauche du Belem (Actes Sud, 2002), Festin de la détresse (Éditions d’en bas, 2005), L’Empire du Mensonge (Khoudia, 2017)

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