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L’annonce du gouvernement sur l’anglais à l’université fait débat en Algérie

anglais à l'université

Désormais les en-têtes des documents administratifs universitaires devront être en arabe et en anglais. Une annonce du ministère de l’Enseignement supérieur qui fait polémique. Car il ne s’agit pas que de linguistique.

En Algérie, les langues administratives sont traditionnellement l’arabe et le français. Mais le ministre algérien de l’Enseignement supérieur affirme depuis plusieurs semaines que la langue française n’est pas utile et qu’il souhaiterait qu’elle soit remplacée par l’anglais. Tayeb Bouzid a donc annoncé que les en-têtes des documents universitaires officiels devront désormais être écrits en arabe et en anglais. Les étudiants sont mitigés sur cette mesure.

Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement proclame que le français va être remplacé par l’anglais. Et c’est ce qui rend Yassine, étudiant en microbiologie plutôt dubitatif. « C’est du pur populisme pour mettre dans leur poche les arabophones parce que cette réforme concerne uniquement les papiers officiels des universités donc ils n’ont pas touché aux programmes, etc. », analyse-t-il.

La guerre des langues est surtout une guerre d’élites, selon les observateurs. Mais cette question divise aussi la société. Wahib, 23 ans, a voulu développer l’anglais dans son université et il souligne que le débat mélange langue et idéologie. « Quand on voit quelqu’un parler en français, on dit : “ah, lui, il doit penser de telle ou telle manière.” On en est arrivé à cette interprétation. Avec l’anglais, les francophones s’imaginent que les anglophones vont les mettre à l’écart. Et puis il y a ceux qui n’aiment pas la langue l’arabe. Ils disent que ce n’est pas notre langue maternelle et qu’avec la politique d’arabisation, on veut nous forcer à être des Arabes », estime-t-il.

Un universitaire prévient cependant qu’il ne faut pas que cette question détourne le pays de la problématique importante pour les jeunes : le taux de chômage des moins de 25 ans est de 30%. Mais paradoxe, plus le niveau d’instruction est élevé, plus ce taux est important.


■ Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb contemporain et auteur de « La guerre d’Algérie vue par les Algériens » décrypte l’initiative du ministre de l’Enseignement supérieur

L’annonce du ministre part d’une volonté nationaliste de repossession identitaire par rapport au passé colonial de l’Algérie avec la France, mais en même temps cette proposition se heurte à mon sens à plusieurs obstacles…

 

rfi.fr

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Written by Fama

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