in

Lancement prochain d’une archive numérique du CAMES

archive numérique du CAMES/numérique dans l'enseignement supérieur/SIPEN 2018 Dakar/innovafrica

Des richesses cachées de la recherche en Afrique francophone couvrant des décennies de travaux seront publiées en ligne sous peu et gracieusement mises à la disposition du public, après que les instituts de recherche de la région auront accepté de lancer des archives communes, le Dépôt institutionnel CAMES (DICAMES).

Cette initiative concerne des dizaines de milliers d’articles scientifiques, de thèses, de livres et de rapports. Les œuvres seront progressivement intégrées au système dans le cadre d’un projet piloté par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), qui regroupe, à travers ses États membres, plus de 80 établissements d’enseignement supérieur d’Afrique francophone sub-saharienne.

“Les géographes de Ouagadougou, au Burkina Faso, connaissent mieux la production scientifique européenne sur le Sahel que les travaux de l’Institut supérieur du Sahel à Maroua, au Cameroun, qui ne sont pas disponibles en ligne, encore moins ouverts.”

Florence Piron – Université Laval, Québec

Dans certains cas, ce sera la première fois que les étudiants pourront consulter le travail de leurs professeurs.

“Avec très peu de moyens, notre volonté, celle des acteurs au niveau du CAMES, des partenaires que nous avons convaincus, des États qui ont très peu dépensé, nous avons réussi à disposer de tous les outils ; maintenant il faut passer à la phase d’appropriation”, explique Bertrand Mbatchi, secrétaire général du CAMES, dans un entretien avec SciDev.Net.

Le projet est une réaction à une conséquence paradoxale du mouvement international Open Access, a déclaré le professeur Florence Piron, du département d’information et de communication de l’université Laval à Québec, au Canada, lors de la conférence Tech4Dev, tenue à Lausanne, en Suisse, le mois dernier (du 27 au 29 juin).

Ce mouvement a conduit au démantèlement de l’accès payant, permettant un accès gratuit à des millions d’articles publiés dans les pays du Nord.

Mais, en conséquence, les universitaires des pays en développement peuvent accéder beaucoup plus facilement aux documents publiés dans les pays du Nord qu’à ceux des pays du Sud.

Ces derniers languissent sur du support papier ou des disques durs locaux. Même ceux qui réussissent à se retrouver en ligne peuvent avoir été publiés sans métadonnées, ces précieuses balises qui leur permettent d’être localisés par des moteurs de recherche scientifiques.

“Les géographes de Ouagadougou, au Burkina Faso, connaissent mieux la production scientifique européenne sur le Sahel que les travaux de l’Institut supérieur du Sahel à Maroua, au Cameroun, qui ne sont pas disponibles en ligne, encore moins ouverts”, explique Florence Piron, qui dirige le projet de répertoire.

“Si rien n’est fait pour rendre les publications du Sud ouvertes, ce sera, en quelque sorte, une nouvelle colonisation de l’esprit”, a-t-elle déclaré lors de la réunion.

Le projet, développé en collaboration avec l’Association pour la promotion de la science ouverte en Haïti et en Afrique (APSOHA), qui dispose d’une expérience en matière de libre accès en Afrique, sera basé à Ouagadougou, au Burkina Faso et géré par le CAMES. En commençant par neuf institutions pilotes au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Niger et au Sénégal, il mettra à disposition des dizaines de milliers de documents numérisés que le CAMES détient déjà, y compris des articles rédigés par des universitaires.


D’autres sources incluront des articles de bibliothèques universitaires qui ont été numérisés, mais pas publiés en ligne.

Avec un budget modeste, le projet sera principalement exécuté par des bibliothécaires universitaires aidés par des étudiants et des diplômés.

Le professeur Mbatchi affirme que l’archive permettra de réduire les risques de plagiat, promouvra les interactions entre différents chercheurs dans la même discipline et améliorera leur expertise.

“On gagne en faisant publier ces activités, le fruit de votre travail, surtout en matière de recherche. On va vous citer autant de fois qu’on saura que vous avez fait des travaux qui ont pris date ; donc vous avez intérêt à avoir un outil qui vous fait connaître,” fait-il valoir.

Le projet a toutefois rencontré une certaine résistance, selon Djossè Tessy, assistant de recherche au Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient, à l’Université Laval, qui travaille avec les universités pilotes.

“Les chercheurs sont à la fois heureux et inquiets”, dit-il : certains se réjouissent de la perspective d’un accès ouvert à la recherche au niveau régional, mais hésitent à faire don de leurs œuvres si cela risque d’affecter leurs royalties ou les facteurs d’impact, sur le plan international.

“Certains pensent que seuls les livres qui ne sont pas vendus peuvent être publiés sur DICAMES ; d’autres pensent que le libre accès est réservé aux articles qui ne sont pas de bonne qualité.

“Mais il y en a qui sont heureux parce qu’ils savent qu’il est très important que leurs livres et leurs articles soient lus par leurs étudiants et d’autres chercheurs”, ajoute-t-il.

scidev.net

Abdourahmane

Posté par Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Chine-enseignement supérieur

Chine: Les universités sous haute surveillance

nouveaux bacheliers/chiffres du baccalauréat 2018/Exclusion de candidats au bac 2018

Les chiffres du baccalauréat 2018