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Mame Safietou Djamil Gueye, Banque Mondiale : «Sans une population instruite, la pauvreté ne sera pas éradiquée »

Banque Mondiale

Spécialiste principale en Développement social de la Banque mondiale au Sénégal, Mame Safiétou Djamil Guèye a invité, hier, les autorités sénégalaises à adopter une éducation inclusive pour lutter efficacement contre la pauvreté. Elle s’exprimait lors d’un panel organisé par son institution.

Le monde a célébré, hier, la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Une occasion saisie par la Banque mondiale pour organiser des panels à travers ses différents bureaux en Afrique, pour parler de la question de l’inclusion sociale des couches les plus vulnérables. « Le Sénégal doit passer par l’éducation pour promouvoir l’exclusion de la pauvreté. Sans une population instruite, le phénomène ne sera pas éradiqué. Donc, incitons davantage nos politiques à développer une éducation qui permettrait à l’ensemble des populations, non seulement de pouvoir s’alphabétiser, mais de bénéficier d’une formation professionnelle gratifiante qui les aiderait pour une insertion, pour qu’ils aient une dignité », préconise Mame Safiétou Djamil Guèye, spécialiste principale en Développement social de la Banque mondiale. Selon elle, la solidarité est une des valeurs culturelles sénégalaises et les acteurs continueront à l’utiliser. Mais, celle-ci ne doit pas pousser les personnes vivant avec un handicap à « tendre la main » pour bénéficier du soutien des autres.

D’ailleurs, elle a appelé les associations de personnes vivant avec un handicap à se mobiliser pour rencontrer l’Etat, organiser des plateformes de réflexions afin de proposer des stratégies d’intégration. « Il ne s’agit pas de dire que nous, personnes en situation de handicap, voulons qu’on nous intègre dans la Fonction publique. Mais ils doivent savoir que le handicap ne signifie pas l’exclusion. Il ne se résume pas à la mendicité. Donc, il faut que ces personnes puissent bénéficier d’une éducation inclusive, qu’elles puissent s’épanouir dans les écoles, avoir des équipements spécifiques pour les accompagner ».

De ce fait, Mame Safiétou Djamil Guèye souligne que cela doit être une « priorité » pour le ministère de l’Education.  « Les différents projets de la Banque mondiale insistent, dans l’architecture des projets, pour que des rampes soient mises au niveau des équipements pour que les personnes vivant avec un handicap puissent accéder aux infrastructures scolaires », renseigne Mme Guèye. Aujourd’hui, poursuit-elle, il faut également que les acteurs s’interrogent sur les décisions politiques en matière de prise en compte du genre et leur applicabilité. Parce que, selon la spécialiste de la BM, on se rend compte que les femmes ne se retrouvent pas dans le milieu professionnel. Pour le recrutement dans la Fonction publique, bien qu’il y ait des avancées, le constat est que les hommes sont devant, même si les femmes ont les meilleurs résultats scolaires.

 

Des lois qui dorment dans les tiroirs

 

Au Sénégal, il reste beaucoup de choses à faire sur la loi d’orientation sociale, selon le président de l’association handicap.sn, Khadimou Rassoul Talla. « On vote des lois, mais, sans décret d’application, elles ne peuvent pas être effectives. Sur les dix décrets d’application, il n’y a seulement que deux qui ont été signés. Ces deux décrets concernent l’éducation inclusive, l’autre la carte d’égalité des chances. Sur ce plan, il y a un effort qui est en train d’être fait. Mais, sur la carte d’égalité de chances, il y a un problème », dit-il. Parce que, selon ses explications, lorsque le président de la République avait lancé la carte d’égalité de chances, en juillet 2014, il avait promis la distribution de 50 000 cartes d’ici 2017. Mais, à l’état actuel, « on n’a même pas atteint les 36 000 cartes ». En plus, d’après les statistiques de 2013 de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les personnes vivant avec un handicap représentent 5,9 % de la population. C’est-à-dire environ 900 000 personnes concernées.

« Même avec les 50 000 cartes visées en 2017, plus de 800 000 personnes n’auraient pas de carte. Parce que sans ça, on ne peut pas bénéficier de certains privilèges. Si vous n’avez pas la carte, vous ne pouvez pas être enrôlé dans le programme des bourses de sécurité familiale. Il faut qu’on généralise la carte », lance l’ancien pensionnaire de l’école Talibou Dabo. Ce dernier invite l’Etat à revoir ses politiques. Car, à ses yeux, il y a « vraiment un manque » de volonté. « Les décrets d’application doivent être pris. Les personnes vivant avec un handicap ont des diplômes, donc, elles doivent être prises en compte dans les recrutements de la Fonction publique. Il faut que l’Etat fasse un plaidoyer pour qu’on respecte le quota de 15 % qui leur est alloué. Sur les recrutements de 2013, il y a au moins 20 personnes sur 5 592 », a-t-il plaidé.

En effet, sur la base de données actuelle, plus de 300 personnes handicapées sont en train de poursuivre leurs études à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Et sur celui du projet d’emploi de Handicap international, plus de 500 personnes en situation de handicap sont à la recherche d’emploi.

 

EnQuete

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