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Envolée des cités numériques en Afrique : miser sur la qualité

cités numériques

La course à l’économie du savoir bat son plein sur le continent africain. Si quelques pays ont pris une certaine avance dans le secteur, plusieurs autres sont en piste pour la mise sur pied de bases sérieuses pour développer des plateformes performantes. On a donc largement dépassé l’étape du slogan et surtout celle des arguments sur « les technologies de l’information et de la communication (TIC) au service du développement ». C’est désormais le temps de passer à l’action en s’appuyant sur ce qui se fait de mieux.

De nouvelles industries se mettent donc résolument en place, d’autant plus que le poids économique du secteur pèse sur la redynamisation des économies contemporaines. Face aux  problèmes  auxquels  sont  confrontés  les pays les moins avancés (PMA), cette fenêtre sur la nouvelle économie propulse les ambitions des pays d’Afrique au-delà de la réduction  de  la  pauvreté  et  la  satisfaction  des  besoins  fondamentaux des populations.  Voilà pourquoi les investissements se font de plus en plus jour sur le continent pour favoriser une innovation rapide des technologies et des services.

Un collier de projets à travers le continent

À ce jour, on identifie une dizaine de cités numériques en cours de réalisation. En tête de file, le Kenya, chouchou de leaders mondiaux comme Microsoft, Google, Facebook, Samsung ou encore IBM mène le bal. Le gouvernement kenyan, conscient du pouvoir d’attraction du pays, a mis sur les rails le projet Konza Techno City (KTC). Implanté sur 2 000 hectares, à une soixantaine de kilomètres de la capitale kényane, KTC devrait assurer au Kenya son rang de hub numérique du continent. Comme ambition finale, on vise de monter une expertise « Made in Kenya », contenue dans la feuille de route gouvernementale Vision 2030 et permettre la création de 20 000 emplois en cinq ans et plus de 200 000 à terme.

Au Maroc, on verra sortir de terre la « Cité Mohammed VI Tanger Tech ». Un immense projet également prévu sur 2000 hectares pour lequel un mémorandum d’entente a été signé en mai 2016. Le partenariat implique la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, le groupe Haite, et BMCE Bank, afin de créer une « nouvelle ville intelligente internationale intégrant l’habitabilité, l’industrie et la vitalité de l’innovation ». Montant de l’investissement injecté, 1 milliard $US.

Sur la côte ouest du continent, le Sénégal attend avec impatience son Parc des technologies numériques de Diamniadio. La « ville numérique de Diamniadio », qui entre dans le cadre du Plan Sénégal émergent (PSE), sera érigée sur une superficie de 25 hectares et affichera des infrastructures télécoms modernes en plus de centres d’hébergements de données et de formation technologique. Coût prévisionnel, 60 milliards FCFA dont 10 milliards fournis par l’État sénégalais et le restant par la Banque africaine de développement (BAD).

À quelques frontières de distance, au Bénin, autrefois surnommé Quartier latin d’Afrique pour son bourdonnement intellectuel, la ville de Sèmè-Kpodji abritera la Cité internationale de l’innovation et du savoir (CIIS). Ce projet phare du Programme d’actions de l’État, « Bénin révélé », sera installé sur de plus de 100 hectares et aura une activité qui tournera autour de l’enseignement supérieur, la recherche et incubation. Le gouvernement béninois prévoit investir 207 milliards de francs CFA dans les prochaines années dans le cadre de ce projet. « Sèmè-City est le symbole de notre détermination pour valoriser le savoir en tant que moteur de croissance et positionner le Bénin sur la carte mondiale de l’économie du savoir », a déclaré le président Patrice Talon, qui a fait de ce projet une clé de voûte de son programme de développement. On parle ainsi accumuler un capital humain de qualité qui pourra atteindre les 200 000 emplois d’ici à 2030.

Des points noirs à effacer

Ainsi vont donc ces projets que l’on retrouve également au Cameroun avec la construction de deux cités numériques à Douala et Yaoundé pour une valeur totale de 60 milliards FCFA  ou encore au Rwanda, on annonce la Kigali Innovation City qui devrait ouvrir ses portes cette année et dans laquelle on a investit près de 250 millions d’euros.

Mais quelle émergence en ressortira réellement ? La question mérite d’être posée d’autant plus que de nombreuses ambitions ont souffert d’un manque de suivi évident des États. Cette quatrième révolution industrielle permettra-t-elle à l’Afrique de se débarrasser de ses mauvais plis en matière de développement ? Dans ce cas précis, il faudra résolument hausser le niveau d’éducation d’une jeunesse en croissance, raffiner les autres volets industriels et les infrastructures en plus de s’assurer de financements conséquents et pérennes pour attirer et garder des chercheurs de niveau mondial. C’est à ce prix que la qualité sera au rendez-vous des exigences qui interpellent cette « nouvelle Afrique ».

Abdourahmane

Posté par Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

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