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Hausse des frais d’inscription : la conférence des présidents d’université hausse le ton

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Students walk past a banner reading "Tolbiac against Macron" in front of the Tolbiac Campus at the Sorbonne University Paris 1 as part of a protest to change the university system, in Paris, France, December 5, 2018. REUTERS/Charles Platiau
Depuis l’annonce de l’augmentation des droits d’inscription à l’université pour les étudiants extra-européens, plusieurs rassemblements de contestation sont organisés partout en France.
« La France a besoin des étudiants internationaux, qui contribuent à son développement et à son rayonnement dans le monde », écrit lundi la Conférence des présidents d’université en France (CPU) dans un communiqué dont le titre est on ne peut plus clair : «  Étudiants internationaux : il est urgent d’ouvrir la concertation  ». Dans ce texte, la conférence qui réunit les présidents des universités et les dirigeants de certaines grandes écoles françaises demande au gouvernement de suspendre la hausse prévue des frais d’inscription pour les étudiants extracommunautaires qui a relancé la mobilisation dans quelques universités. Depuis la semaine dernière, des étudiants de quelques universités (Tolbiac, Nanterre, Rennes-2…) sont montés au créneau contre cette annonce dans le sillage du mouvement des Gilets jaunes, avec l’appui de plusieurs syndicats, dont la Fage, le premier syndicat étudiant.

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Faire payer plus les étudiants étrangers ?

Le gouvernement a annoncé en novembre qu’il allait très fortement augmenter les frais d’inscription pour les étudiants hors-UE, qui passeront de 170 à 2 770 euros en licence, et de 243 à 3 770 euros en master à la rentrée 2019, soit «  un tiers du coût réel  » de leur scolarité pour les finances publiques. Objectif : attirer davantage d’étudiants internationaux en améliorant la politique des visas et en offrant davantage de bourses. En effet, la France serait menacée de perdre, au bénéfice de l’Allemagne ou de la Russie, son actuelle quatrième place mondiale parmi les pays « importateurs d’étudiants », et ce en raison de son déficit d’attractivité par rapport aux pays d’Asie.

Pour les présidents d’université, le plan du gouvernement «  propose des mesures positives et attendues  ». «  Mais l’augmentation générale des droits d’inscription annoncée ne constitue pas une réponse adaptée, car elle porte en elle le risque important d’exclure des étudiants et des doctorants que nous accueillons aujourd’hui  », ajoute-t-elle. Regrettant une absence de concertation, son conseil d’administration «  demande que l’entrée en vigueur des dispositions en cause soit suspendue  ».

Édouard Philippe assume cette mesure : «  Un étudiant étranger fortuné paie les mêmes droits d’inscription qu’un étudiant français peu fortuné dont les parents résident, travaillent et paient des impôts en France depuis des années  ». Le gouvernement affiche aussi sa volonté de tripler le nombre de bourses de 7 000 à 21 000.

Le «  non  » du gouvernement français

Dans une lettre adressée le même jour aux présidents d’université et aux directeurs des écoles de l’enseignement supérieur, transmise à l’Agence France-Presse, la ministre Frédérique Vidal s’est voulue rassurante. Les étudiants internationaux qui «  résident depuis plusieurs années en France (…) acquitteront les mêmes frais d’inscription que les étudiants européens  », écrit-elle notamment.

De même, les étudiants qui ont déjà commencé leurs études en France «  ne sont en aucun cas concernés par ces frais différenciés  », assure-t-elle. Elle rappelle avoir donné aux établissements et écoles de l’enseignement supérieur une grande «  latitude  » pour délivrer des bourses et exonérations aux étudiants étrangers et promet le lancement dans les prochains jours d’une «  concertation  ».

lepoint.fr