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La digitalisation des contraventions : une mesure salutaire qui s’inscrit dans la stratégie Sénégal numérique 2025. (Par El Hadji Farba DIOP)

digitalisation des contraventions

L’heureuse nouvelle annoncée par la Gendarmerie nationale concernant la numérisation du paiement des contraventions et des procès-verbaux démontre la volonté de l’Etat de combattre le fléau de la corruption et d’être au diapason des nouvelles technologies. En effet, cette mesure courageuse vient réparer les préjudices moraux et pécuniaires longtemps subis par les usagers de la route dans les villes et campagnes. Cette vieille tradition de corruption anormalement normalisée trouve désormais une solution qui pourrait dédouaner les populations de ce malaise social. Le Haut commandant de la Gendarmerie s’est fait entendre publiquement en dénonçant le système mafieux au sein même de cette grande institution militaire.

Cet acte de refus apparait alors comme un réconfort d’autant plus que la sonnette d’alarme vient d’être tirée par l’autorité en question. Si la digitalisation venait d’être effective dans les procédures de sanctions (Contraventions) routières, ce serait un moyen sûr pour réduire les énormes pertes en mannes financières qui devaient revenir à la trésorerie publique. Déjà, il est estimé que la corruption fait perdre à l’Etat du Sénégal un coût énorme de 118, 44 milliards de F CFA par an selon un rapport d’étude sur « la perception et le coût de la corruption au Sénégal »  réalisé par l’OFNAC. Cela en dit long sur la gravité de cette situation qui exige une prise en charge sérieuse et urgente.

Toutefois, cette mesure pas moins unilatérale devrait être suivie d’une charge de sanctions dissuasives à l’endroit de ceux qui reçoivent les petits billets de banque et ceux qui les donnent pour qu’au moins force reste à la loi. Pourquoi ne pas aussi créer des systèmes d’alerte et de dénonciation à travers lesquels les citoyens témoins d’actes de corruption pourraient saisir librement et facilement les autorités compétentes ? Cette expérience a réussi dans beaucoup de pays africains tels que le Rwanda, le Botswana etc. qui sont très restrictifs et  sensibles sur la problématique de la corruption. Leurs efforts sont payés par une diminution très drastique des cas de corruption. L’Etat pourrait aussi prendre comme exemple d’école le pays de l’oncle Sam où dans certains Etats fédéraux, l’administration policière offre des primes aux agents qui verbalisent le plus lors d’infractions routières sans bavures ni arrestations. C’est une façon innovante et pacifique de faire comprendre aux forces de l’ordre leur responsabilité et leur mission sacerdotale de sécurisation des biens et des personnes mais aussi d’établir une relation d’assistance et de partenariat entre citoyen et policiers. Force est de constater que cette dynamique est entrain d’être instaurer à d’autres échelons avec le concept Armée-Nation qui prône cette proximité et ce dialogue entre l’armée et la société.

Par ailleurs, il est nécessaire d’adopter la stratégie du bâton et de la carotte car il est bien de sanctionner mais parfois aussi il faut récompenser les efforts des agents de police ou de gendarmerie qui sont rompus à la tâche. L’exemple qui a frappé bon nombres de sénégalais est celui du policier Mamadou DIOUF surnommé par les usagers de la route « Amoul Yakaar » (sans espoir), connu comme étant incorruptible dans un pays ou le « masla » (tolérance) est érigé en règle de conduite. Il a reçu un hommage mérité de la part du journal LeMonde qui décrit l’homme comme une figure d’exception dans son métier.      Hélas, il est dommage de constater que la rigueur juridique manque au Sénégal concernant le traitement des faits de corruption. Combien de fois avons-nous été témoin de la publication de vidéos qui montrent un homme de tenue (policier ou gendarme) recevoir des pots-de-vin d’un automobiliste et qui n’a eu comme suite l’arrestation des auteurs de la vidéo et une simple verbalisation des agents ?

Dans ses expériences quotidiennes quel citoyen n’a jamais vu des scènes d’achats de consciences où de services parfois dans la rue, les bureaux administratifs, les tribunaux pour ne citer que cela ? Et pourtant, les institutions de lutte contre la corruption sont présentes mais leurs pouvoirs d’auto-saisine et de poursuite sont malheureusement limités. Du coup, leur mission de service public est légèrement biaisée et les populations sévèrement lésées.

Cependant, la digitalisation des contraventions épouse la volonté d’initiative inscrite dans la Stratégie Sénégal Numérique 2025, qui en son Axe 2, prévoit d’améliorer l’efficacité et la synergie dans les services publics à travers une administration connectée et au service du citoyen et des entreprises à l’aune de la dématérialisation des procédures administratives déjà enclenchées. Ainsi, on va assister à une réduction des coûts et des délais des transactions et opérations administratives. L’objectif étant de rapprocher l’administration des usagers dans leurs localités respectives. Cette politique innovante de gestion des affaires publiques pourrait être un tremplin pour l’Etat de promouvoir un système électronique en usant de la compétence des jeunes développeurs pour créer des plateformes ou des applications sécurisées qui facilitent les procédures. Cette idée est déjà réalisée par le Maroc à travers la plateforme « Infractions routières ».

Cette application permet aux conducteurs d’accéder en temps réel au solde de leurs points permis et aux éventuelles infractions enregistrées à leur encontre. Ils peuvent aussi contacter le centre d’appel pour signaler une infraction, et s’informer sur les infractions au code de la route. L’application permet également de télécharger les procès verbaux et redirige vers le portail de la Trésorerie Générale du Royaume du Maroc pour les règlements. Cette prouesse marocaine est imputable à une volonté affirmée et le Sénégal peut en faire autant et ainsi gagner le challenge de la digitalisation du reste qu’il a commencé à instaurer les permis à points avec les nouvelles cartes biométriques.  A juste titre, cela va booster la locomotive de l’économie numérique et accroitre la compétitivité dans la prestation de services à caractère public et privé.

Cette nouvelle démarche entre dans le cadre d’instaurer une gouvernance numérique efficiente, propice à la sécurité des investissements et à l’encadrement des activités du numérique.  Pis, c’est une manière d’optimiser nos ressources financières et humaines que l’Etat pourrait recentrer dans des secteurs porteurs de croissance pour ainsi asseoir l’émergence tant souhaitée du Sénégal. Maintenant reste à savoir si la digitalisation pourra résister aux obstacles de la fracture numérique, de l’accès à la connectivité et aux menaces pesantes de la cybercriminalité.

Etudiant en Master 2 Géographie (AGUA), spécialiste du numérique

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Abdourahmane

Written by Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

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