in , , ,

A la rencontre du Fondateur de la startup Diobass Agroalimentaire, Abdoulaye Ba, un produit de l’UGB

Diobass Agroalimentaire

Lancé il y’a de cela quelques mois, le Journal Universitaire vous présente son tout premier numéro de sa rubrique « A la Rencontre des jeunes ». Cette dernière se veut un moyen d’interaction, d’échange avec les jeunes entrepreneurs, les jeunes leaders, porteurs de projet de développement, désireux de partager leur vision, leur expérience,  leurs travaux de recherche (mémoires et thèses), etc. En provenance de Thiès, capitale du Rails, ce jeune pouce, un ancien de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Ingénieur Agrobusiness du nom de Abdoulaye Ba qui, à travers cet entretien a bien voulu partager avec nos lecteurs sa startup Diobass Agroalimentaire.

JU : Présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plait ?

Abdoulaye Ba : « Tout d’abord je vous remercie de cette interview. C’est Abdoulaye Ba, Ingénieur Agrobusiness de formation à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Entrepreneur et Consultant. »

JU : Pouvez-vous revenir sur votre parcours universitaire ?

Abdoulaye Ba : «  J’ai obtenu un Baccalauréat S5, Sciences des produits alimentaires au Lycée d’Enseignement Technique et de Formation  Professionnelle de Thiès. Ensuite j’ai intégré l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et après trois années de formation j’ai obtenu ma Licence en Technologie Agroalimentaire. Suite à cela j’ai fait un Master Agrobusiness, Gestion des entreprises agricoles à l’UFR des Sciences Economiques et de Gestion. J’ai également fait des formations en Entrepreneuriat employabilité au niveau de l’incubateur de cette même université, des formations en Leadership, Développement personnel organisées par des organismes nationaux et internationaux. »

JU : Vous êtes Fondateur en même temps Manager de Diobass Agroalimentaire, pouvez-vous nous décrire l’entreprise que vous dirigez ?

Abdoulaye Ba : « Diobass Agroalimentaire est une Startup qui évolue dans le domaine agricole et la transformation agroalimentaire. Nous faisons tout ce qui est distribution de produits agricoles partout au Sénégal avec nos produits phares qui sont les jus de fruits locaux. Nous produisons des jus de fruits locaux naturels que nous distribuons au niveau des stations de services, des ménages mais aussi des marchés de la région de Thiès. Nous faisons aussi la production et la commercialisation des fruits et légumes avec notre service « Ndougou à domicile ». Avec ce dernier on vous amène chez vous un panier de légumes frais, sains, parfois Bio. Par ailleurs nous faisons aussi de la consultance avec nos formations en transformation des produits halieutiques, des fruits et légumes et des céréales destinées aux GIE de femmes. »

JU : Pourquoi avez-vous choisi d’entreprendre au lieu de vous présenter sur le marché de l’emploi ?

Abdoulaye Ba : «   vous savez que le salariat n’a commencé qu’il y’a trois cents ans. Avant, tout le monde était entrepreneur. J’ai été salarié puisque j’étais responsable qualité d’une entreprise et après trois mois de service j’ai quitté puisque je me disais ne pas être fait pour être salarié. Je n’utilisais que 5% de mes compétences dans l’entreprise où j’étais. Je me suis lancé dans l’entrepreneur parce que j’aime aider et être un entrepreneur c’est mettre en place un système qui permettra de soutenir des gens avec la création d’emploi, la création de richesses, pour ainsi participer au développement économique de notre pays. C’est ce qui m’a poussé à entreprendre et laisser l’emploi salarial. »

JU : Pourquoi le secteur de l’Agroalimentaire au lieu et place des autres ?

Abdoulaye Ba : « Etant un fils de Peulh qui ne connait que l’élevage et d’une sérère qui ne s’active que dans le travail du sol, cela explique ce choix. Il y’a aussi le fait que pendant les vacances j’aimais beaucoup regarder mes cousins faire le travail de la terre. Et c’est depuis que j’ai commencé à m’intéresser à la nature, au travail du sol. Cette situation  vient renforcer ma formation en Technologie Agroalimentaire. Ceux sont les raisons qui m’ont le plus poussé à entreprendre dans le domaine de l’agriculture. J’y ajoute aussi qu’un pays qui ne produit pas assez de nourriture pour satisfaire le besoin alimentaire de sa population ne peut pas se développer. »

JU : En mettant en œuvre votre entreprise, avez-vous bénéficié d’un accompagnement de l’Etat ? Si oui, de la part de quelle structure ?

Abdoulaye Ba : «  je n’ai pas encore reçu d’accompagnement de la part de l’Etat, j’ai commencé mon entreprise avec mes propres moyens. J’étais marchand ambulant au niveau du campus de l’UGB, je vendais des produits cosmétiques et d’habillements et les bénéfices que j’ai eu en plus de l’accompagnement de l’incubateur de l’UGB m’ont permis de mettre en place cette entreprise. »

JU : avez-vous sollicité un accompagnement auprès des structures étatiques?

Abdoulaye Ba : « Sincèrement je n’ai pas encore sollicité une aide auprès de ces structures étatiques. »

JU : avez-vous rencontré des difficultés en mettant en place votre entreprise, si oui lesquelles ?

Abdoulaye Ba : «  c’est tout à fait normal de rencontrer des difficultés. Et en premier lieu c’est la famille parce qu’ici au Sénégal nous n’avons pas la culture entrepreneuriale. A la sortie de l’université j’ai été dans une entreprise et après trois mois de service j’ai décidé d’arrêter et d’entreprendre. Sur ce j’ai rencontré des difficultés avec mes parents parce qu’ils n’arrivaient pas à comprendre le fait que j’ai laissé le travail salarial pour entreprendre. » S’y ajoute un problème de financement puisque entreprendre dans le domaine agroalimentaire nécessite des coûts mais je ne me suis pas focalisé sur ceci puisque je me disais que tous ceux qui ont commencé à entreprendre ont démarré avec de petites sommes. Je n’ai pas cherché à avoir des millions pour commencer mon entreprise puisque j’ai commencé avec 115.000 francs ». Il y’a également la peur puisque pour être entrepreneur il faut avoir de la psychologie surtout ici au Sénégal. Quand quelqu’un décide d’entreprendre la première chose qu’on lui dit c’est « tôt ou tard vous allez échouer ». C’est cette peur que j’avais au début mais après des formations en développement personnel j’ai pu la vaincre. »

JU : depuis le lancement de votre entreprise, comment mesurez-vous le développement de vos activités notamment en ce qui concerne le nombre de jeunes qui travaillent au sein de celle-ci?

Abdoulaye Ba : « Au début je travaillais en collaboration avec ma famille c’est ensuite que j’ai eu des commerciaux qui vendent les jus au niveau des marchés. C’est ensuite que j’ai commencé à vendre au niveau des stations de services puisqu’au début je n’avais pas d’autorisation. Actuellement je suis fournisseur de jus au niveau des stations Total de la région de Thiès. »

JU : « une idée sur votre chiffre d’affaires »
Abdoulaye Ba : « 
en terme de chiffre d’affaires, je peux avoir 100 000 francs par mois ou bien par semaine. Cela dépend des périodes puisque pendant le mois de Ramadan j’avais un chiffre d’affaires conséquent mais après j’ai constaté que cela à chuter mais quand même je rends grâce à Dieu. »

JU : quel est le message que vous lancez aux jeunes qui hésitent encore à s’aventurer dans l’entrepreneuriat surtout avec la problématique de l’emploi des jeunes ?

Abdoulaye Ba : « je dirais juste aux jeunes qui veulent entreprendre de ne pas avoir peur. La seule chose qu’ils doivent faire c’est d’essayer. Même si vous échouez cela ne sera pas une perte mais vous allez surtout apprendre. Vaincre la peur, passer à l’action mais aussi inculquer la culture d’un gagnant, celle d’un leader voici selon moi les attitudes que doivent adopter tous jeunes qui désirent entreprendre. Même avec 100 000 franc ils peuvent faire quelques choses au lieu d’être là à attendre des millions pour démarrer. Le problème des jeunes se situent à ce niveau. Ils attendent aussi la fin de leurs études pour entreprendre. L’entrepreneuriat n’est pas une question de diplôme et je prends en exemple les grands entrepreneurs sénégalais qui pour la majorité n’ont pas de diplômes ou n’ont pas fait des études poussées. En dernier lieu il faut aussi de la patience et de l’amour pour ce que l’on fait pour réussir. C’est ce message que je lance aux jeunes de notre pays puisque quelle que soit la finalité ils ne vont pas perdre dans l’entrepreneuriat. »

Abdoulaye BA

Fondateur et Manager Général Diobass Agroalimentaire
Ingénieur Agrobusiness, Entrepreneur, Consultant

Tel.  +221 76 450 39 63 / 77 281 60 14

Thiès (Senegal)

E-mail: [email protected]

(https://www.facebook.com/DiobassAgroalimentaire.sn/)

Abdourahmane

Posté par Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bac 2018-France

France-Bac 2018 : Des candidats ayant répondu en breton à l’épreuve de maths risquent la mauvaise note

Edition de manuels de mathématiques

Enseignement supérieur : Edition de manuels de mathématiques et de chimie conçus par des Sénégalais