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Discrimination anti-asiatique: l’université de Harvard gagne son procès

Discrimination anti-asiatique/Shanghai 2018

Accusée par une association de discriminer les candidats d’origine asiatique par rapport aux autres minorités, la très prestigieuse université du Massachusetts a gagné son procès. L’association en question va faire appel.

Harvard a donc gagné son combat: une juge fédérale de Boston a débouté mardi une organisation conservatrice qui accusait la prestigieuse université américaine de discrimination contre les candidats d’origine asiatique, et jugé «très bon» son processus de sélection visant à assurer la diversité de ses étudiants.

Le programme de sélection de la célèbre université n’est «pas parfait», mais «la Cour ne va pas démanteler un très bon programme qui répond aux critères constitutionnels, juste parce qu’il pourrait être mieux», a conclu la juge Allison Burroughs, dans sa décision de 130 pages.

Statistiques éthniques

La plainte remontait à novembre 2014, lorsqu’une organisation dénommée «Students for Fair Admissions» («Etudiants en faveur d’admissions justes»), dirigée par un conservateur, avait attaqué en justice le plus prestigieux établissement des Etats-Unis, pays où les statistiques ethniques sont autorisées.

L’organisation, dont la plainte avait été soutenue par le gouvernement Trump, affirmait que, même si les élèves d’origine asiatique comptent dorénavant pour près d’un quart des étudiants de la prestigieuse université, ils étaient proportionnellement sous-représentés, compte tenu des résultats académiques – supérieurs à la moyenne – de leur groupe ethnique.

Facilités pour les enfants de donateurs

Mais après trois semaines d’audiences fin 2018, qui ont vu défiler de nombreux responsables et étudiants, puis d’ultimes plaidoiries en février dernier, la juge Burroughs a estimé qu’Harvard respectait scrupuleusement la jurisprudence fédérale, qui autorise l’utilisation de certains critères raciaux à condition qu’ils visent uniquement à assurer la diversité de la population étudiante.

Si les audiences ont révélé au grand jour certains aspects peu reluisants des admissions à Harvard -comme les facilités accordées aux enfants des donateurs de la vénérable université- les plaignants n’ont «présenté aucun exemple de candidat d’origine asiatique qui aurait subi de la discrimination», compte tenu de «tous les facteurs qu’Harvard valorise dans son processus d’admission», a estimé la juge. Parmi ces facteurs, Harvard évalue notamment la personnalité des étudiants. Or, selon les documents présentés pendant le procès, ceux d’origine asiatique avaient tendance à avoir de moins bonnes notes que les Blancs sur ce critère-là.

La juge a cependant estimé que cela «ne résultait pas d’une discrimination intentionnelle» de l’université.

Un dossier politique

Le dossier était très politique, puisque la plainte de l’organisation dirigée par le militant conservateur Edward Blum était appuyée par le gouvernement Trump. Beaucoup y voyaient une nouvelle attaque contre les politiques de «discrimination positive» en vigueur dans de nombreuses universités américaines, qui bénéficient surtout aux minorités ethniques les plus défavorisées socialement, comme les Noirs et les Hispaniques.

Dans sa décision, la juge, qui arbitrait seule ce dossier sans jurés, s’est posée en défenseure de la discrimination positive à condition qu’elle soit savamment calibrée. Evoquant la Prix Nobel de littérature Toni Morrison, grande voix de la communauté noire décédée en août dernier, la juge a estimé que la discrimination positive restait justifiée dans une société américaine où «les effets d’un racisme bien enraciné et de l’inégalité des chances restent évidents».

«Un jour, nous arriverons à un point où nous verrons la race comme un fait, pas un fait déterminant et pas un fait qui nous dit ce qui est important, mais nous n’y sommes pas encore», a souligné Allison Burroughs.

«Atmosphère de diversité»

En attendant, les programmes d’admission universitaire qui tiennent compte de l’origine ethnique en respectant des critères stricts «aideront à garantir que les établissements supérieurs offrent une atmosphère de diversité, encourageant respect et compréhension mutuels», a-t-elle ajouté. Edward Blum s’est dit «déçu que le tribunal ait maintenu la politique d’admission discriminatoire de Harvard». Il a immédiatement annoncé qu’il «ferait appel de cette décision devant la Cour d’appel et, si nécessaire, devant la Cour suprême».

La bataille judiciaire n’est donc pas finie, et le président de Harvard s’est bien gardé de crier victoire mardi. Dans une lettre postée sur le site de l’université, Lawrence Bacow s’est en effet dit «profondément reconnaissant» envers tous ceux qui avaient défendu l’université pendant ce procès. Et il a réaffirmé l’importance de la diversité à ses yeux, estimant que «l’éducation supérieure américaine tire sa puissance de son attachement à apprendre de nos différences».

 

lefigaro.fr

Abdourahmane

Written by Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

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