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Le secret de la réussite de l’école finlandaise : apprendre moins – savoir plus

École finlandaise

Depuis longtemps le système éducatif finlandais est classé le meilleur dans toutes sortes d’évaluations. C’est pourquoi le modèle éducatif du pays est digne d’être mentionné. Selon les études internationales menées tous les trois ans par l’organisation PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves, désigné par l’acronyme PISA, de l’anglais Programme for International Student Assessment), les écoliers finlandais ont montré le plus haut niveau de connaissance dans le monde. Ils sont également devenus les enfants qui lisent le plus, sont classés deuxième en sciences naturelles et cinquième en mathématiques.

Néanmoins, ce ne sont pas uniquement ces classements qui rendent la communauté pédagogique mondiale admirative. Il est incroyable qu’avec des résultats aussi élevés, les écoliers finlandais passent moins de temps à étudier que leurs camarades des autres pays. L’État finlandais consacre pourtant des ressources très modérées à son éducation gratuite mais de grande qualité par rapport à de nombreux autres pays. Il y a une énigme à résoudre pour les enseignants de différents autres pays ! Les finlandais ne cachent pourtant rien et partagent leurs expériences avec plaisir en organisant des séminaires, à la fois dans leur pays et dans le monde entier.

L’enseignement secondaire, obligatoire en Finlande, comprend une école à deux niveaux:

– inférieur (alakoulu), de la 1ère à la 6ème année ;

– supérieur (yläkoulu), de la 7e à la 9e année.

Au cours de la 10ème année supplémentaire, les élèves peuvent améliorer leurs notes. Ensuite, les enfants vont dans un collège professionnel, où ils continuent leurs études au lycée (lukio), 11-12 ans.

L’école finlandaise professe une charge de travail graduelle, maximisée seulement pour les volontaires qui ont choisi “lukio”, ceux qui sont vraiment désireux et capables d’apprendre.

Sept principes forment le socle de l’éducation finlandaise :

1. Egalité :

– Égalité des écoles : il n’y a ni école pour les élites, ni école pour les “faibles”. Dans la plus grande école du pays étudient 960 élèves. Dans la plus petite 11. Toutes ont absolument le même équipement, les opportunités et le financement proportionnel. Presque tous les établissements  sont publics. Il y a seulement une douzaine d’écoles privées. La différence est que les parents effectuent un paiement partiel et les exigences sont plus accrues pour les apprenants. En règle générale, il s’agit de laboratoires «pédagogiques» originaux, suivant l’instruction choisie: Montessori, Frenet, Steiner, Mortana et Waldorf School.

Les établissements privés dispensent l’enseignement en anglais, allemand et français.

Suivant le principe de l’égalité, il existe en Finlande un système parallèle d’éducation, des jardins d’enfants aux universités en suédois. Les intérêts des natifs appelés Salmis ne sont pas oubliés, dans le Nord du pays, ils peuvent recevoir l’apprentissage dans leur langue maternelle.

Jusqu’à une date récente, les finlandais n’avaient pas le droit de choisir une école, il fallait inscrire les enfants à l’école la plus proche. L’interdiction a été levée, mais la plupart des parents continuent d’inscrire leurs enfants dans les écoles de proximité, car toutes les écoles sont bonnes.

– Égalité des matières : l’étude approfondie de certaines matières au détriment des autres n’est pas approuvée. Ici, on ne considère pas que les mathématiques soient, par exemple, plus importantes que l’art. La seule exception est la création de classes pour les enfants doués en peinture, en musique et en sports.

– Égalité des parents : l’enseignant apprend le statut social des parents de l’enfant, en dernier lieu et si c’est nécessaire. Les questionnaires concernant le lieu de travail des parents sont interdits.

Égalité des élèves: les finlandais ne mettent pas les élèves en classe en fonction de leurs capacités ou de leurs préférences professionnelles. Il n’y a pas non plus de “mauvais” ou de “bons” élèves. La comparaison des apprenants  entre eux est interdite. Les enfants surdoués et les enfants sous-doués sont considérés comme «spéciaux» et étudient ensemble.

En général, dans les classes, il y a également des enfants en fauteuil roulant. Dans une école ordinaire, une classe peut être créée pour les élèves malentendants ou malvoyants. Les finlandais essaient d’intégrer au maximum dans la société ceux qui ont besoin d’un traitement spécial. L’écart entre les élèves dits « faibles » et les élèves dits « forts » est le plus petit au monde.

– Égalité des enseignants : il n’y a aucun enseignant “favori” ou “détesté”. Les enseignants, eux-mêmes, ne distinguent pas les « bons » des « mauvais » élèves. Toute contravention à cette règle conduit à la résiliation du contrat avec un tel enseignant. Les éducateurs finlandais ne devraient faire que leur travail d’accompagnateur. Tous sont pareillement importants dans le collectif de travail, littéraire, scientifique ou enseignant d’éducation physique.

– Égalité des droits de l’adulte (enseignant, parent) et de l’enfant : les finlandais appellent ce principe “attitude respectueuse envers l’élève”. Dès la première classe on explique aux enfants leurs droits y compris le droit de «se plaindre» des adultes à un travailleur social. Cela fait comprendre aux parents finlandais que leur enfant est une personne indépendante, et qu’il est interdit de l’offenser par la parole ou par les châtiments corporels. L’humiliation des élèves par les enseignants est  interdite en raison des particularités adoptées dans la législation du travail finlandais concernant la profession de l’enseignant.

La principale caractéristique est que tous les enseignants signent un contrat pour une année scolaire, reconductible ou pas et reçoivent des salaires élevés (2 500 à 5000 euros).

2. Gratuité:

En plus de l’enseignement lui-même,  les déjeuners, les excursions, les visites aux musées et toutes les activités parascolaires sont gracieux.  Le transport scolaire, en minibus, prend et ramène l’enfant chez lui, si l’école la plus proche est située à plus de deux kilomètres.

Les manuels, toutes les fournitures scolaires, les calculatrices et même les ordinateurs portables sont gratuits. Toute collecte de fonds parentaux, à quelque fin que ce soit, est interdite.

3. Individualité:

Un plan individuel de formation et de développement est élaboré pour chaque enfant. La spécification concerne le contenu des manuels et des exercices, le nombre de devoirs et le temps qui leur est imparti, mais aussi le contenu de la matière enseignée : plus détaillée pour certains, généraliste pour les autres. Au cours de la leçon, dans la même classe, les enfants effectuent des exercices à niveau de complexité différent. Ils sont évalués en fonction de leur niveau personnel.

Dans les écoles finlandaises, parallèlement à la formation classique, il existe deux types de processus éducatifs uniques:

– Le soutien pour les élèves «faibles», les cours particuliers payants n’étant pas populaires, les enseignants assument volontairement une aide supplémentaire pendant ou après le cours.

– La formation corrective, pour les élèves qui ont des problèmes dans l’assimilation d’une matière, par exemple, en raison d’une mauvaise compréhension de la langue finlandaise par les enfants dont ce n’est pas la langue maternelle, ou à cause des difficultés à mémoriser, voire des  comportements asociaux de certains enfants. La formation corrective est effectuée en petits groupes ou individuellement.

4. Pratique :

Les finlandais ont l’habitude de dire : « soit nous nous préparons à la vie, soit nous nous préparons aux examens et nous choisissons la première option. » Par conséquent, il n’y a pas d’examens dans les écoles finlandaises. Les contrôles et les tests intermédiaires sont à la discrétion de l’enseignant. Il n’y a qu’un seul examen standardisé obligatoire à la fin du cycle secondaire. Les enseignants ne se soucient pas des résultats, n’en rendent pas compte et ne préparent pas spécialement les enfants pour ce test.

Seul ce qui peut être nécessaire dans la vie pratique est enseigné à l’école. Les logarithmes ne sont pas utiles, ils ne sont pas étudiés. Mais dès leur plus jeune âge, les enfants savent ce qu’est un portfolio, un contrat, une carte bancaire. Ils peuvent calculer le pourcentage de l’impôt sur les successions ou sur le revenu, créer une carte de visite en ligne sur Internet,  sont capables calculer le prix des marchandises après plusieurs remises et représenter la rose des vents d’une région donnée.

5. Confiance:

D’abord vis-à-vis des  travailleurs scolaires et des enseignants: il n’y a pas de contrôles et de méthodologie imposée. Le programme éducatif dans le pays est unifié, mais il n’obéit qu’à des recommandations générales.  Chaque enseignant utilise la méthode d’instruction qu’il juge appropriée.

Ensuite, confiance vis-à-vis des enfants: pendant les cours, ils peuvent s’occuper comme ils le désirent. Par exemple, si un film éducatif est inclus dans la leçon de littérature mais que l’élève n’est pas intéressé, il peut lire le livre. On pense que l’élève est capable de choisir ce qui lui est le plus utile.

6. Volonté:

Celui qui veut étudier étudie. Les enseignants tentent d’attirer l’attention de l’élève, mais s’il n’a absolument aucun intérêt ou pas la capacité d’apprendre, il est orienté vers un apprentissage utile pour une profession « simple ». Il n’est pas bombardé de mauvaises notes. Tout le monde ne construit pas des avions, quelqu’un devrait bien conduire les bus.

Les finlandais ajustent ainsi le rôle de l’école secondaire. Ils distinguent parfaitement un adolescent qui peut continuer à étudier au lycée d’un autre qui doit avoir un niveau de connaissances minimales suffisant pour aller dans une école professionnelle.

Il convient de noter que les deux voies ont une valeur égale dans le pays. Dans chaque école l‘identification des inclinations de chaque enfant à un certain type d’activité  est effectué à travers des tests et des entrevues avec un spécialiste : un «enseignant du futur».

En général, le processus d’apprentissage dans l’école finlandaise est doux, délicat, mais cela ne signifie pas qu’on peut “sécher” les cours. Le contrôle du régime scolaire est obligatoire. Toutes les leçons manquées seront remplacées par les retenues. Par exemple, pour un élève de 6ème année, l’enseignant peut trouver la plage horaire adéquate dans les cours de 2ème année, avec les plus petits : il va s’asseoir et penser à la vie. S’il dérange, l’heure de la retenue ne sera pas comptée.

Personne n’appellera les parents. D’ailleurs si ces derniers ne se sentent pas concernés par l’éducation de leur enfant, il pourra redoubler. Refaire l’année en Finlande n’est pas une honte, surtout après la 9ème année. Il faut se préparer sérieusement à la vie adulte, donc dans les écoles finlandaises, il y a une 10ème année supplémentaire (facultative).

 7. Indépendance :

Les finlandais croient que le rôle de l’école est de préparer l’enfant à une future vie indépendante et réussie. Par conséquent, l’école enseigne à penser et à acquérir des connaissances par soi-même. L’important ce n’est pas d’apprendre les formules, mais de savoir comment utiliser un répertoire, un texte, Internet, une calculatrice. Toutes les ressources nécessaires pour résoudre les problèmes courants.

De plus, les enseignants n’interviennent pas dans les conflits entre élèves, ce qui leur donne l’opportunité de se préparer à des situations réelles de la vie et de développer leur capacité à se défendre.

C’est ainsi que l’enseignement secondaire finlandais se présente sous une forme très concise.

Il est possible que cette manière de faire n’emporte pas l’unanimité. Les finlandais ne prétendent pas à l’idéal et ne se reposent pas sur leurs lauriers, ils explorent constamment la façon dont leur système scolaire est compatible avec les changements de la société. Par exemple, en ce moment, on prépare des réformes qui diviseraient les mathématiques en algèbre et en géométrie et accroîtraient les heures d’enseignement, tout en mettant en évidence la littérature et les sciences sociales comme sujets distincts.

Ce qui est certain c’est que l’école finlandaise a définitivement réussi : les enfants ne crient pas la nuit suite à un surmenage nerveux, ils ne rêvent pas de grandir rapidement, ne détestent pas l’école, ne se supplicient pas eux-mêmes et ne tourmentent pas toute leur famille en se préparant aux prochains examens. Calmes, sensés et heureux, ils lisent des livres, regardent des films sans les traduire en finnois, jouent à des jeux informatiques, se baladent en vélo, composent de la musique, jouent des pièces théâtrales, chantent. Ils apprécient la vie. Au milieu de toutes ces activités, ils ont le temps d’étudier.

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Abdourahmane

Posté par Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

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