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En France, les élèves handicapés encore exclus des bancs de l’école

élèves handicapés

Alors que le gouvernement français met en avant les efforts déployés pour accueillir les enfants en situation de handicap à l’école, certains parents dénoncent toujours une éducation “au rabais”.

À chaque rentrée scolaire, la question revient inlassablement sur la table : combien de jeunes en situation de handicap se retrouvent encore exclus des bancs de l’école en France ? Bien que le gouvernement ait assuré vouloir faire de ce sujet l’une de ses priorités, scolariser son enfant handicapé relève, toujours pour les parents, du parcours du combattant.

En cause, le manque criant d’auxiliaires de vie scolaire (AVS), indispensables à l’accompagnement des élèves, et les places toujours insuffisantes en unités spécialisées. Résultat : cette année, ils seraient “plus de 8 000” à ne pas pouvoir faire leur rentrée en classe, selon le Collectif citoyen handicap, qui ajoute que ce nombre “a doublé cette année”.

La colère chez les parents ne faiblit pas : à Strasbourg, deux mères se sont juchées en haut d’un échafaudage dans la matinée du mercredi 18 septembre pour dénoncer leur crainte d’une “scolarisation au rabais” pour leurs enfants. Voulant faire bouger les lignes, l’Unapei, la fédération d’associations de défense des intérêts des personnes handicapées mentales a invité, dès le 9 août, les parents à faire connaître leurs difficultés d’inscription et d’organisation, sur le site marentree.org.

Romane, 5 ans, à l’école 6 heures par semaine

Résultat : la plateforme compte à ce jour près de 500 témoignages décrivant pour la plupart, des parcours scolaires chaotiques. “On voulait montrer la réalité des problèmes rencontrés par ces familles afin que le gouvernement ajuste les dispositifs existants”, explique Sonia Ahehehinnou, porte-parole de l’Unapei, contactée par France 24.

Ainsi, Timéo, 8 ans, suit une scolarisation inadaptée en CM1, “sans auxiliaire de vie scolaire, ni matériel pédagogique”. Romane, 5 ans, va à l’école “six heures par semaine, en attendant une place dans un institut médico-éducatif (IME)”. De son côté, Mewen, 16 ans, “sans aucune solution de scolarisation”, est sur une liste d’attente depuis un an dans le but d’intégrer à son tour un IME.

Des parents qui cessent de travailler

Des situations douloureuses qui obligent souvent les parents à adapter leur emploi du temps. Selon la dernière étude du ministère de l’Éducation nationale, 40 % des mères et 6 % des pères ont réduit leur activité ou cessé de travailler pour accompagner leur enfant handicapé.

De son côté, le gouvernement se veut rassurant. Depuis la loi de 2005 qui pose le principe du droit à la scolarité pour tout jeune en situation de handicap, des efforts considérables ont été déployés pour une meilleure intégration de ces élèves. En 2004, on comptait 37 000 enfants handicapés dans les collèges et lycées. Un chiffre qui a triplé en 2017, avec l’accueil de 140 000 jeunes dans ces établissements, selon les chiffres du ministère de l’Éducation.

“Que font les enfants le reste du temps ?”

Pour rendre l’école “toujours plus inclusive”, selon l’expression du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, le gouvernement a créé 4 500 nouveaux postes d’accompagnants pour la rentrée 2019. De son côté, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, assure auprès de Loopsider qu'”à peu près 96 % des élèves ont eu leur accompagnant pour la rentrée 2019″. Et d’ajouter que “86 % de ces enfants sont scolarisés à plein temps”. Un chiffre séduisant sur le papier, mais qui cache une réalité plus complexe, nuance l’Unapei.

“La question est : qu’est-ce qu’on met derrière ce chiffre ? Il s’agit rarement d’un temps plein effectif. Dans les faits, beaucoup ne vont à l’école que quelques heures par semaine, avec leur auxiliaire. Mais lorsque celui-ci n’est pas là, l’élève est rarement accepté seul en classe. Que fait-il alors le reste du temps ?”, s’interroge la porte-parole.

“La scolarisation ne part pas du besoin de l’enfant”

S’ajoute à cela le cas de jeunes qui attendent leur inscription dans une structure plus adaptée à leur handicap. “Certains ne disposent pas d’un aménagement adéquat et ne peuvent donc pas apprendre dans les meilleures conditions. La scolarisation ne part malheureusement pas du besoin de l’enfant”, résume Sonia Ahehehinnou.

Si la jeune femme reconnaît des progrès indéniables depuis 2005, elle estime qu’ils ne doivent pas masquer les difficultés persistantes. “Comment peut-on expliquer que des parents en viennent aujourd’hui à monter sur un échafaudage pour qu’on écoute leurs difficultés ? Le progrès ne sera réel que lorsque la scolarisation de ces enfants ne sera plus un sujet d’actualité”, conclut-elle.

 

france24.com

 

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Written by Fama

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