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Article 16 du Concours : “Etudiants et Etudes, la Discorde !!!”

Etudiants et Etudes, la Discorde

Le Journal Universitaire vous présente le 14e article reçu dans le cadre du concours de rédaction d’articles lancé par le Groupe PRÉCISION. L’intitulé de cette contribution est “Etudiants et Etudes, la Discorde !!!”. L’auteur s’appelle Stéphan Michael KANFANY. Il est Élève Ingénieur agronome en 5e Année à l’ENSA de Thiès.

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Etudiants et Etudes, la Discorde !!!

Est qualifié d’étudiant, selon le dictionnaire français, toute « personne qui suit des cours à l’université ou dans une grande école ». Ceci se résume tout simplement à une personne qui suit des études supérieures. Voilà bien, pour toute personne suivant une formation dans un établissement d’enseignement supérieur, le moment pour elle de se forger son avenir professionnel.

Les études supérieures sont spéciales et tout à fait différentes de ce que l’élève a connu du primaire jusqu’à l’obtention de son baccalauréat. Les étudiants sont considérés comme des personnes majeures, capables de se prendre en charge et de s’assumer socialement. Pour se faire, ceci se passe dans un environnement complexe aussi bien du point de vue social que pédagogique. Pour le volet social, il existe une grande disparité entre le nombre d’étudiants, le mérite et les logements existants. Dans les universités publiques, à l’image de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ou encore de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, l’acquisition de logement universitaire se fait le plus souvent par captation. Pour l’UCAD par exemple, force est de constater que le niveau d’étude des étudiants compte pour peu dans l’attribution des chambres. Le mérite est délaissé au profit de l’intérêt de tierces personnes telles les amicales des étudiants ou les mouvements politiques ayant accès aux dirigeants de l’université ou encore des politiciens pour ne citer que ceux-là. Ceci est un vecteur de révolte qui entraîne les étudiants à vouloir intégrer les amicales des étudiants dans le but de bénéficier de meilleures conditions de vie.

Par contre, dans les grandes écoles le mode de gestion de ce volet social reste encore acceptable. A l’image de l’Ecole Nationale Supérieure d’Agriculture (ENSA) ou encore de l’Ecole Polytechnique de Thiès (EPT), des efforts sont consentis pour maintenir le label d’excellence et de logement pour tous. Ce sont de grandes écoles ou l’ingérence politique compte pour peu à l’honneur du mérite. En effet, dans ces écoles la moindre décision affectant le confort des étudiants est perçu comme une atteinte négative au niveau intellectuel auquel se voue les étudiants. Des exemples peuvent être cités : le mur qualifié « mur de la honte » entre les locaux de l’université de Thiès et de l’EPT qui a été réclamé par les étudiants de ce dernier pour minimiser l’intrusion des étudiants de l’Université de Thiès dans leur école ou encore la grève de l’ENSA en 2013 pour lutter contre la massification sans mesure d’accompagnement pour un nombre d’étudiants recrutés en première année qui est passé de 25 à 50.

Toujours sur le plan social, soulignons le progrès dans la gestion de l’attribution des bourses d’étude. Sur le volet pédagogique, le niveau des étudiants a subi une baisse drastique en raison des grèves répétitives depuis 2011. Cela a pour effet des taux de réussite jugé trop faible dans le premier cycle d’après le rapport du Plan de Développement de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (PDESR) 2013-2017. Les dirigeants des universités cherchent à rétablir cette situation qui entraîne depuis 2011 des années scolaires s’étalant sur 2 années civiles au détriment des étudiants. En plus de cette situation, s’ajoute le système LMD. De dimension internationale, sa maîtrise n’est pas encore au rendez-vous dans nos universités sénégalaises. Ayant pour objectifs, entre autres, de maximiser les chances de réussite de l’étudiant, ce système reste porteur de difficultés et d”incompréhensions, notamment pour ce qui est de la sélection des étudiants au Master. Dans les universités publiques, comme l’UCAD, où les nombres d’étudiants sont souvent pléthoriques, en plus de la difficulté de suivre les cours normalement, la sélection au Master n’est qu’un facteur de découragement de plus, même si le principe sur lequel cette sélection repose est acceptable. Le niveau du corps professoral est de qualité sur le papier, mais leur manière de procéder dans les cours et examens reste de loin décevante.

Compte tenu de tous ces facteurs, bon nombre d’étudiants essaient de trouver un échappatoire via les concours pour se forger un avenir beaucoup plus prometteur ou encore s’engager dans l’armée. En conséquence, subsiste la question de l’enseignement général face à la formation professionnelle, nouveau défi dans lequel s’est lancé le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) du Sénégal. En somme, les conditions socio-pédagogiques de nos universités ne sont pas des plus envieuses. Elles ont pour effet une baisse du niveau des étudiants et un recul de nos universités sur le plan international. Toutefois, des efforts sont en train d’être consentis par le MESR et devraient aboutir, à long terme, à une revalorisation et une amélioration des conditions et du niveau des études dans les universités. Signalons également le travail qui est en train d’être fait en amont dans les collèges et lycées par le Ministère de l’éducation nationale pour une valorisation des sciences. Tout ceci pour souligner à quel point le mérite délaissé pourrait être source de discorde. Il est évident qu’on ne peut pas prendre en charge tous les étudiants comme cela se doit. Néanmoins, comme cela est de mise dans les grandes écoles, privilégier les plus méritants et créer des conditions adéquates seraient déjà un message significatif.

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Stephan Michael KANFANY

Posté par Stephan Michael KANFANY

Je suis Elève ingénieur à l'ENSA de Thiès. Je prends la plume pour porter un regard et dénoncer une organisation qui ne prime pas le mérite à sa juste valeur.

2 Comments

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  1. C’est un article plein d’enseignement. Je pense réellement que ce problème peut bien être un mauvais souvenir. Il suffira juste que les concernés se tiennent aux tours d’une table ronde pour discuter de ces questions socio pédagogiques avec sérieux et une volonté de bien agir. Et il est temps que nos autorités prennent les devants en impliquant entièrement les étudiants pour meilleur avenir de notre système universitaire

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