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Dakar : le président des étudiants guinéens au Sénégal dénonce la fuite des cerveaux

étudiants guinéens au Sénégal

Le Sénégal accueille des milliers d’étudiants guinéens dans les institutions d’enseignement supérieur et technique. Pour faciliter leur insertion, ces étudiants se sont réunis en association, dénommée Amicale des Elèves, Etudiants et Stagiaires Guinéens au Sénégal (AEESGS).

Dans un entretien accordé aux envoyés spéciaux de Guineematin.com à Dakar, Mohamed Diallo, président de cette association, étudiant en Master II à l’Institut de Management de Dakar, est revenu sur plusieurs facettes de la vie des étudiants guinéens au pays de la Téranga.

Le Sénégal accueille des milliers d’étudiants guinéens dans les institutions d’enseignement supérieur et technique. Pour faciliter leur insertion, ces étudiants se sont réunis en association, dénommée Amicale des Elèves, Etudiants et Stagiaires Guinéens au Sénégal (AEESGS).

Dans un entretien accordé aux envoyés spéciaux de Guineematin.com à Dakar, Mohamed Diallo, président de cette association, étudiant en Master II à l’Institut de Management de Dakar, est revenu sur plusieurs facettes de la vie des étudiants guinéens au pays de la Téranga.

Guineematin.com : quel rôle joue votre association dans l’insertion des étudiants guinéens ?

Mohamed Diallo : je vous remercie d’être venu vers l’Amicale. Avant de déceler le rôle, je voudrais vous parler un peu de l’Amicale. L’Amicale, c’est cette vie en communauté, c’est cette association qui rassemble l’ensemble des élèves, étudiants et stagiaires guinéens au Sénégal. Donc, l’Amicale a un rôle pluridimensionnel. C’est l’organisation, une intégration, on peut même la qualifié en miniature, c’est le ministère de l’Enseignement Supérieur des étudiants ici, en terre étrangère. Donc, l’Amicale a un rôle d’intégrer les étudiants. L’Amicale a un rôle d’unir les fils du pays au-delà de notre frontière. L’Amicale a un rôle d’union et d’entraide des étudiants, c’est la vie en communauté.

Guineematin.com : votre bureau est composé de combien de membres ?

Mohamed Diallo : mon bureau est composé d’environ 40 membres. L’Amicale, il y a le grand bureau et les commissions en interne. Et vous savez plus que moi, il y a beaucoup d’institutions d’enseignement supérieur au Sénégal, où les étudiants guinéens sont largement représentés. Donc, ce grand bureau coiffe sur toute l’étendue du territoire national, l’ensemble de la communauté guinéenne estudiantine, des élèves et des stagiaires.

Guineematin.com : ils sont au nombre de combien les étudiants guinéens qui vivent ici à Dakar ?

Mohamed Diallo : actuellement, nous sommes en train de les recenser. Mais, c’est des milliers d’étudiants qui sont sur l’étendue du territoire. Le dernier recensement avoisinait les 3 000 et quelques étudiants. Mais actuellement, nous sommes dans la phase du recensement, on n’a pas toutes les données.

Guineematin.com : quelle est la mission de votre association ?

Mohamed Diallo : la mission de l’Amicale, c’est d’unir l’intelligentsia. C’est une manière d’intégrer les étudiants, de les organiser, de créer un réseau, parce que vous savez, il y a beaucoup de problèmes qui assaillent ici les étudiants à Dakar. Parfois, ce sont des problèmes d’intégration ou de logement et d’autres facteurs. L’Amicale joue cette médiation entre les étudiants et les différentes institutions d’enseignement. Donc, aujourd’hui, Dieu merci, les gens se connaissent à travers cette Amicale.

Guineematin.com : quel rapport votre association entretien avec les autres associations estudiantines du pays ?

Mohamed Diallo : oui évidemment, notre association a de très bon rapport avec les autres communautés. Et, il y a même une association des communautés africaines. Elle regroupe toutes les communautés, y compris notre association. Donc, nous avons de très bons rapports et avec les sénégalais et avec l’ensemble des autres communautés africaines.

Guineematin.com : quelles sont les conditions de vie et d’études de nos compatriotes dans les universités sénégalaises ?

Mohamed Diallo : a priori, je vais dire que les conditions ne sont pas souvent très faciles. C’est l’un des rôles peut-être de cette Amicale, c’est de guider, ce n’est pas facile. Vous savez, Dakar fait partie des capitales les plus chères de l’Afrique Occidentale. Parfois, les gens sont confrontés à des problèmes de scolarité, parfois de logement, parfois il y a des cas sociaux qui surviennent. Donc, l’Amicale est là en tant qu’association répondante par rapport aux problèmes rencontrés par les étudiants durant leur cursus scolaire ici.

Guineematin.com : parlez-nous de ces problèmes au fond ?

Mohamed Diallo : par exemple, les étudiants qui sont au public, notamment à l’Université Cheick Anta Diop, ici à Dakar, Gaston Berger de Saint Louis, le plus souvent, les étudiants qui quittent la Guinée pour venir s’inscrire dans ces universités, n’ont parfois pas le même traitement que les étudiants sénégalais. Il y a parfois des problèmes liés aux bourses, des problèmes liés à l’accès aux logements, parfois l’accès aux cantines de restauration. Mais quand-même, les guinéens ont un traitement de faveur par rapport aux autres communautés parce que nous, au niveau de l’inscription, on paye les mêmes frais. Mais, au-delà de ça aussi, il y a beaucoup de choses qui manquent. Donc, on est en train de travailler pour palier à cela.

Guineematin.com : après les études, que deviennent les étudiants guinéens ?

Mohamed Diallo : généralement, on observe une fuite des cerveaux. Parce que je peux vous garantir, quand vous faites le tour de Dakar, que ça soit dans les hôpitaux, que ça soit même dans l’administration sénégalaise, il y a beaucoup d’étudiants guinéens qui étaient venus étudier ici et qui sont restés là. Donc nous, on est en train de travailler pour inciter les gens à rentrer en Guinée. Parce que je ne peux pas vous mentir, beaucoup viennent ici pour des raisons de formation et après, ils y restent. Donc, notre souhait le plus ardent, c’est que l’intelligentsia retourne en Guinée en vue de relever les défis qui se posent à notre pays.

Guineematin.com : qu’est-ce qui les pousse à rester au Sénégal après les études ?

Mohamed Diallo : plusieurs raisons peuvent pousser les jeunes à y rester après les études. Je crois que c’est eu égard quelques fois à la situation de notre pays qui n’est pas encourageante. Il n’y a pas une réelle politique aussi de notre gouvernement à inciter les gens à rentrer. Ici, quand ils trouvent mieux, ils restent et par finir, ils ne repartent plus. Pour y remédier, il faut conscientiser les étudiants à être patriotes, parce que ce n’est pas facile. De l’autre côté, l’Etat doit aussi travailler sur ça. Il ne faudrait pas que les cerveaux s’enfuient du pays. Et, le cas du Sénégal est aussi valable pour les autres nations. Donc, il y a une grande fuite de cerveaux qui s’opère au niveau de l’intelligentsia guinéenne.

Guineematin.com : quel est le mot de la fin ?

Mohamed Diallo : ce que je vais dire à l’ensemble d’abord des élèves, étudiants et stagiaires guinéens ici, c’est de venir d’abord s’intéresser à l’Amicale, c’est cette vie en communion, en association. De l’autre côté, j’appelle nos autorités à vraiment venir en aide à cette Amicale qui représente le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique en Guinée, même si c’est de façon miniature.

guineematin.com

Abdourahmane

Written by Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

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