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Enseignement privé: La FEPES durcit le ton

Fédération des Etablissements Privés d'Enseignement Supérieur

Fédération des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur

La crise universitaire n’épargne pas les étudiants orientés par l’Etat communément appelés « Macky Family » dans les établissements privés d’enseignement supérieur. Le nœud du problème : la dette contractée par l’Etat depuis le début des orientations dans le privé. Pour 21.000 étudiants orientés, la Fédération des établissements privés d’enseignement supérieur (Fepes) avance un montant de 14 milliards FCfa et promet de mettre tous les étudiants dehors, si jamais l’Etat n’épure pas la dette. Pendant ce temps, les étudiants orientés dans le privé ont tenu hier, mercredi 6 juin, devant le ministère l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri), un sit-in. Ils invitent le gouvernement à apurer sa dette auprès des écoles et instituts, non sans exprimer des besoins sociaux, notamment l’accès aux restaurants des universités publiques et à la bibliothèque de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. La Fepes et le ministre Mary Teuw Niane vont se rencontrer, selon Abas Fall, demain vendredi pour échanger sur la situation.
SIT-IN DEVANT LE MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : Les étudiants orientés dans le privé expriment leur désarroi

Les étudiants orientés dans le privé ont exprimé leur désarroi hier, mercredi 6 juin, devant le ministère l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), à l’occasion d’un sit-in. Invitant le gouvernement à apurer sa dette auprès des écoles et instituts, les étudiants veulent une carte d’accès aux restaurants des universités publiques et à la bibliothèque de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

En plus de procéder déjà à la rétention de toute forme de documents administratif ou pédagogique, la Fédération des établissements privés d’enseignement supérieur (Fepes) menace désormais de sortir les étudiants orientés par l’Etat dans leurs écoles et instituts respectifs, communément appelés «Macky family». Une menace prise très au sérieuse par la coordination des étudiants orientés dans le privé. Ils ont organisé un sit-in hier, mercredi 6 juin, devant le ministère l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri), pour crier leur désarroi.

Avec les pancartes à la main pour alerter le gouvernement des conséquences si une telle décision venait à être appliquée par la Fepes, la coordination des étudiants veut d’ores et déjà «une révision de la date des examens de Brevet technique supérieur (Bts) et de la Licence pour permettre aux étudiants du privé de pouvoir terminer les cours».

La coordination des étudiants, indique Zakaria Niasse, porte-parole, a relevé la question des œuvres sociales, allant jusqu’à inviter le gouvernement à leur permettre d’accéder à la restauration et au logement.

«Nous demandons aussi au gouvernement de nous permettre d’accès à la restauration et au logement. De ce fait, nous voulons une carte d’accès aux restaurants des universités publiques et à la bibliothèque de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar», nous fait savoir Zakaria Niasse.

Reçue par le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, la coordination a invité «le gouvernement à suivre de près la qualité de la formation délivrée par les écoles et instituts».

ABASS FALL VICE-PRESIDENT DE LA FEDERATION DES ETABLISSEMENTS PRIVES D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR (FEPES) : «Nous allons mettre tous les étudiants de l’Etat dehors»

Depuis 2015, la Fédération des établissements privés d’enseignement supérieur (Fepes) court derrière l’Etat du Sénégal pour rentrer dans ses fonds. Le montant de la dette est estimé à 14 milliards FCfa, selon le vice-président de la Fédération des établissements privés de l’enseignement supérieur (Fepes). Pour pousser l’Etat à honorer ses dettes, Abass Fall déclare : «Nous avons décidé dans notre plan d’actions de mettre les étudiants dehors sou peu». Non sans ajouter : «On va faire la rétention de toute forme de documents administratif ou pédagogique. Ils n’auront droit à aucun document. Ils ne feront pas d’examens. On ne va pas les présenter aux examens d’Etat au mois de juillet».

Combien d’étudiants avez- vous accueilli depuis 2012 ?

Au niveau de la Fepes, nous avons à peu près 20.000 étudiants Licence et Bts compris à peu près orientés par l’Etat. Sur les 7 000 nouveaux bacheliers orientés cette année, nous avons reçu plus de 50% des étudiants. Ils étaient 21000 à être orientés l’année dernière. Chaque étudiant doit payer 400.000FCfa par an. En 2015, L’Etat nous devait à peu près 3 milliards. C’est le cas en 2016 où l’Etat a contracté une dette de 8 milliards FCfa. En évaluant la dette globale, l’Etat doit aux écoles et instituts une enveloppe de 14 milliards 500 millions FCfa, car il paie chaque année 5 milliards FCfa. Pendant que le nombre d’étudiants orienté augmente, avec un volume d’activités en plus, l’enveloppe de 5 milliards reste statique. Ce qui fait que nous sommes radicalisés, c’est quand le président Macky Sall a augmenté les bourses des étudiants, sans pour autant penser à prendre des mesures nécessaires pour les établissements privés.

Vous ne pouvez pas augmenter des bourses et ne pas payer la scolarité des étudiants qui sont dans le privé. Pour nous, la scolarité est de loin plus importante que la bourse. Nous avons dit donc «trop, c’est trop», puisqu’ils ont la possibilité d’augmenter des bourses de 8 milliards, ils n’ont qu’à nous payer.

L’Etat joue toujours sur les cordes sensibles chaque année. Il nous dit d’accueillir les étudiants pour après discuter. Nous allons vers les échéances électorales ; donc l’Etat va nous donner une bouffée d’oxygène, on ne sait jamais ce qui va se passer après. Si ce régime-là reste, on va continuer à avoir les mêmes problèmes. Au cas contraire, s’il parte, nous risquons de voir nos problèmes mis en attente.

Autre paramètre est la construction des universités publiques, dans le cadre de la politique d’extension de la carte universitaire. Le ministre nous a dit que l’université du Sine Saloum n’est pas prête mais on les a prêtés des locaux. Ils vont accueillir 30000 étudiants. Ça veut dire que l’année prochaine, il n’y aura plus d’étudiants orientés dans le privé. S’ils arrêtent d’orienter en nous devant de l’argent, c’est fini. Ils ne vont plus nous payer parce qu’ils n’auront plus besoin de nous. Le privé ne compte pas pour eux. Ils nous ont seulement utilisés.

Est-ce à dire que vous êtes dans une dynamique de radicalisation ?

On a décidé dans notre plan d’actions de mettre les étudiants dehors sou peu. On avait prévu de le faire dans 10 jours mais le ministre nous a demandés de surseoir en attendant de nous recevoir. Il devait nous recevoir le vendredi mais il était parti à Ouagadougou. On va se voir ce vendredi (demain, Ndlr). C’est à l’issue de cette rencontre avec le ministre que nous saurons ce que nous allons faire. Mais les mesures qu’on a prises, c’est qu’il n’y aura plus d’évaluation pour ces étudiants. On va faire la rétention de toute forme de documents administratif ou pédagogique. Ils n’auront droit à aucun document. Ils ne feront pas d’examens. On ne va pas les présenter aux examens d’Etat au mois de juillet, si jamais l’Etat ne nous paie pas. Quelque soit, par ailleurs, l’issue de la rencontre avec le ministre. C’est le problème du renvoi qu’on va peut-être mettre sur la table mais pour les rétentions des notes, on va continuer. La question c’est : est-ce que nous allons les renvoyer oui ou non ? Qu’est-ce qu’il va nous dire de clair et précis et quel délai pour nous permettre de rentrer dans nos fonds ?

Quelles sont les conditions d’études des étudiants ?

Nos étudiants sont dans de très bonnes conditions. Ils le disent eux-mêmes comparés à leurs camarades qui sont dans les universités publiques qui ont des problèmes même pour faire cours. Nous ne faisons pas du social. Les conditions sociales, c’est à l’Etat de le faire. Ces gosses-là, quand tu les vois désœuvrés, ils n’ont pas de bourses, ils n’ont pas accès aux œuvres sociales. Ils n’ont aucun soutien à part une aide de 60 000F. Pour nous, la qualité dépend de plusieurs facteurs. Il y’a le facteur social et le facteur pédagogique. Si l’étudiant n’est pas dans les décisions pour étudier, s’il n’est pas stable physiquement, moralement, il ne peut pas faire de bons résultats. Les orientations se font tardivement, notamment au mois de mai. Ce qui chamboule le calendrier académique. Nous sommes obligés de continuer jusqu’au mois d’octobre avec eux. On leur donne 15 jours de repos, ils reviennent et démarrent l’année suivante avec les autres. On a même des problèmes avec les étudiants qui paient

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