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Rwanda : non-lieu dans l’enquête sur l’attentat qui a déclenché le génocide de 1994

génocide de 1994
A picture taken on April 29, 2018 shows visitors looking at victims' portraits at the Kigali Genocide Memorial in Kigali, Rwanda. - According to the main association of the genocide survivors IBUKA, the word for “remember” in Kinyarwanda, four pits have discovered at the local resident’s house by survivor’s information at the begging of April, 2018 in Kabuga, the outskirts of Kigali. By the numbers of thighbone, 207 bodies have been found from the first pit which reaches about 25 meters deep. Around 800,000 people were slaughtered in Rwanda between April and July 1994 at the instigation of the hardline Hutu government. (Photo by Yasuyoshi CHIBA / AFP)

Les juges d’instruction ont suivi les réquisitions du parquet de Paris : l’abandon des poursuites contre des proches du président rwandais Paul Kagame.

La perspective d’un procès sur l’événement déclencheur du pire crime de masse de la fin du XXe siècle est – pour le moment – écartée. Les juges d’instruction chargés de l’enquête sur l’attentat perpétré contre le chef d’Etat rwandais Juvénal Habyarimana ont rendu vendredi 21 décembre une ordonnance de non-lieu, éloignant la perspective d’un procès sur cet épisode, a appris l’Agence France-Presse (AFP) mercredi.

Le 6 avril 1994, Juvénal Habyarimana, alors président de la République rwandaise, issu de la communauté hutu, était tué par un tir de missile contre l’avion présidentiel. L’épisode marquait la première phase d’un coup d’Etat qui déclenchera le génocide des Tutsi du Rwanda (800 000 morts selon l’Organisation des Nations unies) et la reprise de la guerre civile dans le pays. Objet de multiples enquêtes, les circonstances de cet assassinat politique et notamment l’identité de ses commanditaires restent entourées de mystère.

Dossier empoisonné

En France, une information judiciaire avait été ouverte en 1998 après la plainte des familles de l’équipage, composé de Français. Le premier juge saisi, Jean-Louis Bruguière, avait privilégié l’hypothèse d’un attentat commis par des soldats de l’ex-rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR), dirigé par Paul Kagame, devenu président en 2000. Depuis plus de vingt ans, ce dossier empoisonne les relations entre Paris et Kigali, sur fond de débat quant aux responsabilités françaises à l’époque du génocide.

Les relations diplomatiques entre les deux pays avaient été rompues quand le juge avait émis en 2006 neuf mandats d’arrêts contre des proches de Kagame. Il recommande par ailleurs des poursuites contre le président Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda pour sa « participation présumée » à l’attentat Dans la foulée, Kigali coupe les ponts avec Paris, et se lance dans une contre-enquête qui accuse des extrémistes des FAR, des opposants hutu au président assassiné, de l’attentat et met en cause la France pour son soutien au « régime génocidaire » d’Habyarimana. Les relations diplomatiques reprennent trois ans plus tard.

Revers de la justice française

Elles s’étaient renouées trois ans plus tard. La thèse du juge Bruguière avait été fragilisée en 2012 par un rapport d’experts en balistique, qui s’étaient rendus sur place avec les juges ayant repris le dossier, Marc Trévidic et Nathalie Poux. Leurs conclusions désignaient le camp de Kanombe, alors aux mains de la garde présidentielle d’Habyarimana, comme zone de tir probable. Closes une première fois, les investigations avaient été relancées en 2016 mais se sont heurtées à une série d’obstacles avant d’être définitivement bouclées en décembre 2017.

Les juges ont ainsi tenté en vain d’entendre un dissident rwandais, Faustin Kayumba Nyamwasa, réfugié en Afrique du Sud et visé lui-même par un mandat d’arrêt. Ancien membre du premier cercle du clan Kagame, il appuyait les accusations contre ses anciens compagnons du FPR. Autre revers subi par la justice française: la défense de deux des sept membres de l’entourage de Kagame mis en examen – l’ancien ministre rwandais de la Défense et actuel conseiller spécial du président, le général James Kabarebe, et le possible tireur d’un des missiles, Franck Nziza – avait refusé une confrontation avec un nouveau témoin affirmant avoir eu la garde des missiles au QG du FPR.

Un appel annoncé

Au printemps, les parties civiles avaient produit un rapport secret de 2003 du Tribunal pénal international pour le Rwanda qui attribuait la responsabilité de l’attaque au clan Kagame, mais le juge Jean-Marc Herbaut, estimant que cette piste avait été suffisamment documentée, avait refusé de relancer l’enquête. Le parquet de Paris avait réclamé en octobre 2017 l’abandon des poursuites engagées contre des proches de l’actuel président rwandais, Paul Kagame, qui risquaient d’être renvoyés devant une cour d’assises. Les juges d’instruction ont suivi ces réquisitions.

Dans cette ordonnance rendue le 21 décembre, les magistrats expliquent prendre cette décision « en l’absence de charges suffisantes », a précisé la source judiciaire à l’AFP. L’information judiciaire avait initialement été ouverte pour « assassinat et complicité d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste », ainsi que pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ». Philippe Meilhac, avocat de la veuve de l’ex-président, Agathe Habyarimana, a annoncé à l’AFP que les parties civiles allaient faire appel de cette ordonnance.

Rwanda : que s’est-il passé le 6 avril 1994 ?

C’est une enquête impossible, une affaire qui hante la mémoire rwandaise et intègre le faisceau de contentieux qui gangrène les relations entre Paris et Kigali depuis le génocide, auquel il aura servi d’événement déclencheur. Qui a tué le président rwandais Juvénal Habyarimana ? Qui a tiré le missile qui a abattu son avion présidentiel, un Falcon-50 en phase d’atterrissage, dans lequel il arrivait à Kigali en compagnie de son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, en ce soir de printemps, le 6 avril 1994 ?

M. Habyarimana, issu de la communauté hutu, revenait alors d’un sommet en Tanzanie consacré aux crises rwandaise et burundaise ainsi qu’au processus de négociations engagé avec les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR, à majorité tutsi), mené par Paul Kagame. Après l’annonce de l’attentat, le représentant du Rwanda à l’Organisation des Nations unies (ONU) déclara que les deux présidents « avaient été assassinés par les ennemis de la paix ». Le ministère de la défense rwandais affirma que l’avion avait été « abattu par des éléments non identifiés ».

L’événement reste inexpliqué mais, déjà, l’engrenage meurtrier se met en route. Dès le lendemain de l’attentat, le premier ministre hutu modéré, Agathe Uwilingiyimana, dix casques bleus belges de la Minuar chargés de sa protection et plusieurs ministres de l’opposition sont tués. Puis les massacres commencent. A grande échelle. Les milices hutu Interahamwe et les Forces armées rwandaises (FAR) massacrent méthodiquement les populations tutsi. Des hommes, des femmes et des enfants sont exterminés à coups de machettes dans tout le pays. Les opposants hutu au parti de Habyarimana, le président assassiné, sont également décimés.

La population, encouragée par les autorités et des médias, dont la tristement célèbre Radio-Télévision libre des mille collines (RTLMC), prend largement part aux massacres, aux viols et aux pillages. En juillet 1994, le génocide a fait 800 000 morts, selon les chiffres de l’ONU. Plus de vingt-quatre ans plus tard, toute la lumière n’a pas été faite sur l’épisode qui a déchaîné les tueries et relancé la guerre civile.

lemonde.fr

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