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Indonésie : le tsunami a tué au moins 280 personnes et fait plus de 1 000 blessés

Indonésie
Rescuers look for survivors along the coast in South Lampung on South Sumatra on December 23, 2018, after the area was hit by a tsunami on December 22 following an eruption of the Anak Krakatoa volcano. A volcano-triggered tsunami has left at least 222 people dead and hundreds more injured after slamming without warning into beaches around Indonesia's Sunda Strait, officials said on December 23, voicing fears that the toll would rise further. / AFP / Ferdi Awed

Les recherches continuent à Sumatra et Java, où les autorités s’attendent à ce que le nombre de victimes augmente.

Le bilan du tsunami provoqué par un glissement de terrain sans doute lié à une éruption volcanique en Indonésie a été porté à 281 morts et plus de 1 000 blessés, a annoncé lundi 24 décembre l’Agence nationale de gestion des catastrophes.

« Le nombre des victimes va continuer à augmenter, ainsi que les dommages », a prévenu Sutopo Purwo Nugroho, le porte-parole de l’agence, précisant que 57 personnes étaient portées disparues. Le précédent bilan faisait état de 222 morts. Des équipes munies d’excavatrices et d’autres équipements lourds tentaient de dégager les débris lundi à la recherche de survivants. Des milliers de personnes ont été évacuées vers les hauteurs.

Le tsunami a frappé soudainement samedi soir les côtes méridionales de Sumatra et l’extrémité occidentale de Java, rasant des centaines de bâtiments. Il est survenu après l’éruption du volcan connu comme « l’enfant » du légendaire Krakatoa, l’Anak Krakatoa.

L’hypothèse d’un glissement de terrain

Le tsunami a laissé derrière lui un paysage de désolation, entre les arbres déracinés, les toits arrachés, les morceaux de bois et les détritus divers. La plage de Carita, destination touristique courue de la côte occidentale de Java, est jonchée de débris. « L’armée et la police passent les ruines au peigne fin pour voir s’il y a d’autres victimes », a expliqué Dody Ruswandi, haut responsable de l’agence.

Le président, Joko Widodo, s’est rendu dans les zones sinistrées lundi pour suivre l’avancée des secours. Les autorités, qui n’ont toujours pas déterminé la cause exacte de la catastrophe, craignent une nouvelle déferlante. Le ministre des travaux publics, Basuki Hadimuljono, a expliqué que les opérations de secours se poursuivraient, mais devraient s’arrêter « au premier signe de forte marée ».

Selon des scientifiques, qui se basent sur des images capturées par le satellite Sentinel 1 de l’Agence spatiale européenne (ESA), une partie importante du flan sud de l’île a glissé vers l’océan peu avant le tsunami. « Le glissement de terrain sous-marin est la thèse qui prime », explique Sam Taylor Offord, un sismologue à l’institut GNS Science de Wellington, qui ajoute qu’il était impossible de confirmer cette théorie à cause du manque de données et d’accès aux zones dévastées.

« Le risque de tsunami dans le détroit de la Sonde restera élevé tant que le volcan sera dans sa phase d’activité actuelle, parce qu’il est susceptible de déclencher d’autres glissements de terrain sous-marins », prévient aussi Richard Teeuw, de l’université de Portsmouth. « Il faut être conscient que maintenant le volcan est déstabilisé », explique Jacques-Marie Bardintzeff, professeur à l’université Paris-Sud.

Le volcan Anak Krakatoa se situe au cœur du détroit de la Sonde, qui sépare les îles indonésiennes de Java (au sud) et de Sumatra (au nord).


Le volcan Anak Krakatoa se situe au cœur du détroit de la Sonde, qui sépare les îles indonésiennes de Java (au sud) et de Sumatra (au nord). GOOGLE MAPS

Système d’alerte défaillant

La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a estimé que les « puissantes vagues » avaient atteint entre 30 et 90 centimètres de haut. A la différence des tsunamis provoqués par les tremblements de terre et qui déclenchent les systèmes d’alertes, les vagues « volcaniques » ne laissent que très peu de temps aux autorités pour prévenir les gens.

« C’est arrivé si vite », a rapporté Ade Junaedi, un survivant. « Je parlais avec un hôte chez nous quand ma femme a ouvert la porte en hurlant, paniquée. J’ai cru à un feu, mais en allant vers la porte, j’ai vu l’eau arriver. »

Sur des images vidéo dramatiques publiées sur les réseaux sociaux, on a pu voir une vague géante s’abattre sur un concert en plein air donné par le groupe pop Seventeen. Ses membres sont projetés hors de la scène par le mur d’eau qui se répand parmi les spectateurs. Deux membres du groupe ainsi que son manageur ont trouvé la mort, trois autres sont portés disparus.

Eruptions quasi continues

D’après les spécialistes, l’Anak Krakatoa s’est formé aux alentours de 1928 dans la caldeira – vaste cuvette résultant d’une éruption qui provoque l’effondrement du sommet d’un volcan – du célèbre Krakatoa. Celui-ci avait connu, en 1883, une explosion qui a fait environ 36 000 morts. Une immense colonne de fumée, de pierres et de cendres s’était dressée dans le ciel à 20 kilomètres de hauteur, plongeant la région dans l’obscurité et déclenchant un puissant tsunami.

L’Anak Krakatoa a commencé sa vie sous l’eau avant que son cratère n’émerge vers 1928. Il s’est mué en petite île volcanique, dont le cratère atteint désormais une altitude de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Depuis sa naissance, l’Anak Krakatoa est dans un « état semi-perpétuel d’activité éruptive », et grossit au fil d’éruptions qui surviennent tous les deux ou trois ans.

L’Indonésie est un archipel de 17 000 îles et îlots qui s’est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne et eurasienne). Elle se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique et d’éruptions volcaniques, et compte 127 volcans actifs.

lemonde.fr

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