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Les Universités publiques en banqueroute

Année blanche à l'UGB/

Le journal universitaire partage avec vous cet article du sud online: Les Universités publiques en banqueroute selon une étude réalisée

Les 11 décisions présidentielles de la Concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur (Cnaes) n’y pourront rien. En plus de souffrir du poids du nombre d’étudiants qui dépasse largement les capacités d’accueil, les universités publiques souffrent d’un déficit budgétaire permanent. Elles sont en banqueroute au cours d’une année académique parce que les budgets dégagés ne peuvent prendre en charge que quelques mois de salaires. Les retards de salaires et les voyages d’études font désormais partie du lot quotidien des enseignants, au point de sortir le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) de ses gonds qui déroule des mouvements d’humeur – débrayages et grèves – pour fustiger cette situation qui précarise plus d’un enseignant du Supérieur.
La question du financement fait partie des problèmes que rencontrent des universités publiques sénégalaises. Certes, l’enseignement supérieur n’a pas de prix, mais sa gouvernance a un coût. Sous le règne du régime Macky Sall, les autorités étatiques ont mis le paquet sur les investissements en décidant de dégager une enveloppe de 302 milliards FCfa répartis entre l’accroissement des capacités physiques d’accueil, l’amélioration de la qualité des enseignements, la gouvernance et la recherche, sur la période 2013-2017. Une décision salutaire et appréciée à sa juste valeur par la communauté éducative, notamment les syndicats d’enseignants.
Toutefois, le solde des opérations financières des universités publiques reste toujours déficitaire. Dans le Plan de développement de l’enseignement supérieur et de la Recherche, il a été mentionné qu’en moyenne, sur la période 2009-2011, le total des ressources initiales (loi de finances initiale – LFI et ressources propres) à la disposition des universités publiques ne couvrait que 83.5% des dépenses ou dix (10) mois de fonctionnement, dégageant ainsi un déficit budgétaire cumulé d’environ 22,7 milliards FCfa sur la période.
Le document référentiel de l’enseignement supérieur et de la recherche les cinq universités publiques sont structurellement déficitaires mais à des niveaux différents. Le document souligne que le déficit structurel de l’Ucad est, en moyenne par année, de l’ordre de 5.3 milliards, celui de l’Ugb d’environ 1 milliard, celui de l’Uasz de 560 millions, celui de l’Ut de 5 600 millions et celui de l’Uadb d’environ 115 millions.
Les autorités étatiques estiment que le déficit des universités provient d’une sous-estimation systématique des charges de personnel et du récent transfert de l’Etat aux universités de la prise en charge des factures d’électricité sans accompagnement financier. Sur la période 2009-2011, l’Etat a régulièrement consenti des rallonges budgétaires d’un montant cumulé de 13,8 milliards
LE SAES SUR LE PIED DE GUERRE
Une situation qui irrite le syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) qui crie à l’absence de sincérité dans les ressources initiales allouées par l’Etat. Car, soutient le syndicat, «les budgets ne couvrent pas la totalité des besoins réels existants, la prise en charge du gap». Ainsi, le bureau national du Saes appelle le gouvernement à une concertation sur l’évaluation des budgets des universités pour aller vers un équilibrage et une sécurisation des budgets des universités. Tout comme les 4 autres universités, l’université de Saint Louis croule aussi sous le poids des dettes. D
ans une rencontre avec le Recteur, Baye Dallaye Kane, disait que, selon les camarades de Patrice Correa, «avoir trouvé environ 3 milliards de dette en prenant service dont 2milliards 800millions certifiés». Une situation qui favorise le retard des salaires de cette université dont son budget de fonctionnement ne prend en charge que 7 mois des émoluments des enseignants. Pis encore, des enseignants vacataires sont restés depuis 2 ans sans être payés. Selon la section Saes, « les heures supplémentaires du premier et second semestres 2015-2016 ne sont pas encore payés ». «7 milliards FCfa sont insuffisants pour prendre en charge 266 Per, 338 Pats et près de 11 034 étudiants. C’est pourquoi des retards de salaires récurrents sont notés», regrette le Saes.
En plus de l’UGB, les enseignants de l’université de Dakar ne voient pas la couleur de l’argent à une certaine période de l’année académique. C’est le cas du début de l’année 2017, en janvier, où le non-paiement du salaire, à date échue, a motivé la section de Dakar du Saes d’observer, lundi 6 février dernier, un débrayage. Les camarades de Ibrahima Dally Diouf accusent le recteur de l’UCAD, Ibrahima Thioub, d’être à l’origine de ce qu’ils qualifient de «manquement grave». «Cette situation récurrente provoque des troubles inutiles avec pour conséquences une instabilité dans l’espace universitaire dont les seuls responsables sont le recteur et ses services. Ces situations inacceptables démontrent une fois de plus le laxisme et l’incompétence de l’administration de l’université», avait relevé le Saes de Dakar. Poursuivant leur argumentaire sur le poids des dettes des universités liées à leur fonctionnement, le bureau national du Saes a indiqué que «l’université Assane Seck de Ziguinchor a contracté des dettes auprès des structures hospitalières, les émoluments des vacataires pour le compte de 2016 du fait de l’insuffisance de son budget annuel qui varie entre 2,8 et 2,9 milliards Fcfa». Face à une augmentation des effectifs du Personnel enseignant et de recherche (Per), du Personnel administratif, technique et de service (Pats) et des étudiants, le Saes exige une évaluation du budget des universités publiques et leur utilisation. Le syndicat veut une mise à disposition de budgets suffisants pour les universités, gérés avec efficience dans le cadre d’une nomenclature budgétaire approuvée par toutes les parties prenantes.
PLAN DE DEVELOPPEMENT DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE DEGAGE DES PISTES
Dans le Plan de développement de l’enseignement supérieur et de la recherche dégage des pistes (Pdesr), les autorités avaient émis l’idée pour arrêter l’hémorragie, par l’adoption de budgets équilibrés, sincères et réalistes pour 2013. Soit une subvention complémentaire d’un montant de 13,6 milliards à combler par rapport aux budgets de 2012.
Des universités, lit-on dans le Pdesr, il est attendu une amélioration de la gestion et du recouvrement des ressources propres dont la fonction de service et des ajustements internes pour une meilleure maitrise des charges de personnel.

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