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L’étudiant dans le local : une implication à revoir

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Cet article, titré “L’étudiant dans le local”, s’intéresse au rôle de l’étudiant dans les affaires locales. Au vu de sa présence limitée, il s’impose de proposer des pistes de solutions à même d’inverser la tendance actuelle peu envieuse. Avant d’insister sur les réponses adéquates, il est nécessaire de connaitre les raisons qui ont créé ce manque d’activisme dans le concert local.

On s’accorde sur le fait que tout étudiant sénégalais vient forcement d’un lieu, d’un territoire. Celui-ci, dans le cadre de l’intégrité territoriale et de la cohésion nationale, et suivant les politiques de décentralisation donne deux niveaux de collectivités locales : la commune et le département. En d’autres termes, chaque étudiant se rattache à une portion territoriale, témoin de sa naissance. C’est dans ce lieu qu’il grandit ou il s’inscrit a l’école élémentaire, point de départ d’un long cursus scolaire qui le mène jusqu’à l’université. Le voila détaché de son monde originel, il est comme coupé de ses origines.

A l’université, une autre vie s’ouvre. Ce temple du savoir n’est pas un havre de paix tellement les besoins sont immenses face au peu de moyens. L’étudiant, pour ne pas être désarçonné, s’appuie sur des leviers sociaux à travers ses affinités qu’on peut qualifier de “territoriales”. C’est ainsi que naissent des Associations d’étudiants (et d’élèves) ressortissants d’un tel ou tel village, d’une telle ou telle commune. Ces associations s’imposent car les problèmes aigus ne peuvent être réglés que collectivement. Elles sont chargées essentiellement de s’occuper des questions pédagogiques et sociales. Evidemment que ces associations touchent des communes ou départements de leur ressort territorial. Pour leur bon fonctionnement, ces associations sollicitent le soutien des administrations locales (conseil municipal ou départemental) car l’éducation est un domaine de compétences transférées. De ce fait, elles reçoivent un appui financier ou matériel de la part des autorités locales. Celles-ci peuvent aller loin en attribuant des bourses d’études à certains étudiants si les finances locales le permettent. On peut retenir que le lien unissant les étudiants regroupés autour d’associations et l’administration de leurs collectivités locales reflètent le soutien de l’un a l’autre. Apres investissement, l’étudiant doit apporter sa contribution pour le bien de sa localité.

Force est de constater que l’étudiant n’est pas actif dans le concert local. Son rôle est faible voire nul. Alors qu’il est formé pour être un citoyen actif, investi d’une mission de participer au développement autant national que local. Ce constat amer mérite réflexion en vue d’arriver à rompre avec cette pratique qui perdure. Rare est l’étudiant qui s’informe sur le budget de sa collectivité locale, qui consulte les arrêtés et les procès verbaux. Rare est l’étudiant qui propose des contributions allant dans le sens du développement local ou endogène. Ce comportement peu glorieux peut être expliqué par plusieurs raisons :

  • Manque de volonté, insouciance et vision rétrécie visant à prendre les équipes municipes ou départementales comme seules responsables des politiques locales. Alors que la participation inclusive met l’étudiant (en ce qui nous intéresse) au cœur des affaires publiques à la base.
  • La distance peut être de manière relative un facteur limitant car l’étudiant est plus concentré sur les études. Mais cette contrainte semble désormais franchissable avec les TIC.
  • Le déficit de sensibilisation des étudiants aux populations qui, la plupart analphabètes, ne connaissent pas leurs droits et devoirs et l’attitude la meilleure à adopter pour apporter leurs contributions.
  • L’appartenance politique peut inciter certains étudiants à fermer les yeux ou garder le silence sur certaines pratiques peu orthodoxes auxquelles nous habituent nos autorités locales.

Il urge d’ores-et-déjà de proposer des solutions. Celles-ci ne peuvent faire abstraction du cadre juridique qui cadre l’organisation et le fonctionnement de ces unités décentralisées. C’est le Code Général de Collectivités Locales (CGCL) dont certaines dispositions balisent le terrain. En effet, dans son titre premier, chapitre premier et section 2 intitulé “la participation citoyenne”, les bases sont dans les articles 6 et 7 et leurs alinéas pour une implication effective et durable porteuse de transparence. La lettre est claire et il ne reste que la pratique. Ayant été formé pour être un citoyen actif et modèle, l’étudiant, quelle que soit son appartenance ethnique, religieuse ou politique, doit mettre en bandoulière cette aptitude à participer aux affaires de sa localité. Il doit s’ériger en sentinelle tout en dénonçant certaines pratiques qui profitent à des tierces personnes au dépens de la majorité. Il doit faire un diagnostic sans complaisance de la gestion de l’administration locale. Il s’impose aux étudiants de créer des tribunes d’informations et de communications qu’ils gèrent avec l’appui de certains partenaires.

Comme quoi le développement est l’affaire de tous et l’étudiant ne peut être insensible à cette réalité. A cet appel, il doit être le premier à répondre.

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Posté par sallgeograf7

Je suis un Géographe de formation. Je suis titulaired'une licence de Géographie, option humaine à l'ucad.

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