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Afrique : les mathématiques au service du développement

mathématiques

Les problèmes de l’Afrique peuvent-ils être résolus par les sciences mathématiques ? Au moment où une profonde réflexion est menée sur les matières et programmes, la question mérite d’être posée.

Le continent africain est réputé pour être un réservoir dans lequel sont enracinées la pauvreté, les maladies, la corruption et la guerre. Tous ces problèmes pourraient-ils être résolus par les sciences mathématiques ? On est tenté de dire oui. Par contre, une telle réponse peut paraître aux yeux des gens saugrenue tant les questions d’alimentation, d’accès à l’eau potable, d’accès à l’énergie, d’accès aux soins de santé de base, d’accès à l’éducation sont posées avec acuité et ne sont pas résolues malgré la multitude de programmes mis en œuvre par les partenaires du développement.

Trouver la bonne méthodologie

Toutefois, en questionnant le passé et même l’histoire, les mathématiques, soutenant fondamentalement la science en général, ont constitué la base, sinon la fondation, de chaque technologie moderne, de l’organisation du travail (recherche opérationnelle), de la plomberie aux télécommunications (les processus stochastiques, les transformations de Fourier et de Laplace, etc.), des dispositifs médicaux aux satellites (l’algèbre de Boole pour le développement de l’informatique, la modélisation mathématique des maladies, etc.).

D’où l’obligation d’intégrer les mathématiques dans tous les processus de développement de l’Afrique. Aussi, si l’Afrique continue de rester la consommatrice, et non la productrice, des technologies dont elle a besoin, elle restera sous-développée et elle continuera d’être, comme c’est le cas aujourd’hui, contrôlée et guidée de l’extérieur. Son économie s’appuiera essentiellement sur les seules exploitations de ses ressources naturelles et plongera dans le chaos lorsque ces ressources-là se tariront. C’est malheureusement le cas aujourd’hui de tous ces pays africains qui n’ont bâti leur économie qu’autour de l’exploitation pour l’extérieur de leur manne pétrolière.


Stanislas Ouaro est professeur de mathématiques et président de l’Université Ouaga II, il vient d’être nommé ministre de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation ce 1er février 2018. © DR

Former localement les prochains ingénieurs, informaticiens et experts

L’Afrique ne s’affranchira pas de sa dépendance à l’aide internationale tant qu’elle ne construira pas sa propre capacité à se développer. Pour ce faire, et à l’instar des instituts africains des sciences mathématiques qui sont installés actuellement en Afrique du Sud, au Cameroun, au Rwanda, au Sénégal et au Ghana, tous les pays africains devraient construire des centres nationaux d’étude et de recherche en mathématiques et développer des écoles d’excellence d’entrée dans les grandes écoles d’ingénieur, couramment appelées classes préparatoires d’entrée dans les grandes écoles (CPGE), où une formation solide en mathématiques est dispensée aux futurs ingénieurs et bâtisseurs des nations. Par contre, ce vivier devrait provenir des lycées et collèges, d’où la nécessité dans une vision holistique de construire aussi à grande échelle des lycées scientifiques dans toutes les localités des pays afin de donner la chance aux élèves brillants de pouvoir y étudier et constituer ainsi un vivier pour le supérieur.

Aujourd’hui, on parle dans les questions de développement du continent africain en termes d’objectif à atteindre, de prospérité et de bien-être social. Les ordinateurs, les télécommunications et les technologies médicales avancées sont les moteurs modernes du commerce, de la prospérité et du bien-être social. Par exemple, la Finlande a échappé à la crise économique mondiale en finançant d’énormes recherches de fabrication de matériels médicaux de pointe. Toutes ces technologies de télémédecine, de laser, etc. s’appuient sur de bonnes connaissances mathématiques.

L’Afrique restera sur la touche dans ces domaines si elle ne forme pas ses propres experts, pionniers et innovateurs, et cela ne peut se faire que si elle construit de solides écoles de formation en sciences mathématiques.

* Professeur titulaire de mathématiques, président de l’université Ouaga-II au Burkina Faso et président du Réseau pour l’excellence de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO).

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Abdourahmane

Posté par Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

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