in

Mobilité étudiante africaine : la France de plus en plus concurrencée

Mobilité étudiante africaine/Maroc accueille des étudiants originaires d’Afrique subsaharienne
En novembre 2017, Campus France révélait les chiffres de la mobilité des étudiants africains dans le monde. Si la France reste en bonne place dans leurs choix, elle est désormais fragilisée par de nouveaux pays, offensifs sur le marché de l’enseignement supérieur.

La France, qui accueillait en 2016 plus de 330.000 étudiants étrangers, fait une place de choix aux étudiants africains. C’est ce que confirme la note de Campus France, dédiée au sujet et publiée en novembre 2017 à l’occasion du forum “Afrique destination emplois”, qui se tenait à Paris.

Ainsi, les étudiants africains représentent à eux seuls 43,2 % des étudiants accueillis en France dans le cadre d’une mobilité d’études. La moitié est originaire du Maghreb, “avec une progression des effectifs désormais légèrement plus lente que pour les autres continents d’origine”. Quant au choix de l’établissement, “si les étudiants africains fréquentent plus encore que les autres étudiants internationaux les universités (77 %), ils sont de plus en plus nombreux à intégrer les écoles d’ingénieurs, les écoles de management ou les autres écoles (spécialisées, artistiques, CPGE…)”, analyse le document.

De plus en plus de pays démarchent les étudiants africains

Avec 142.608 étudiants africains inscrits dans son enseignement supérieur en 2016, la France bénéficie de la dynamique du continent et reste largement la destination préférée de ces étudiants. Toutefois, si elle en accueille chaque année un peu plus, force est de constater qu’une proportion croissante se tourne vers d’autres destinations. Les étudiants subsahariens sont ainsi de plus en plus nombreux à choisir l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis ou encore la Malaisie. À elles seules, ces nations attirent autant d’étudiants africains que la France, alors qu’elles étaient absentes du marché il y a encore cinq ans. “Ces pays mettent en avant une communauté/affiliation religieuse, explique Olivier Chiche-Portiche, directeur de la coordination géographique, à Campus France. Par exemple, l’Arabie Saoudite offre massivement des bourses d’études islamiques aux étudiants africains : cela fonctionne bien auprès des étudiants du Mali, de Mauritanie et du Sénégal.”

La Chine, quant à elle, continue d’attirer les étudiants, même si elle ne communique pas sur ses chiffres. Selon les calculs de Campus France, depuis 2003, le taux de croissance annuel moyen de la mobilité étudiante africaine en Chine est de plus de 35 %.

La mobilité Afrique-Afrique gagne du terrain

Au niveau mondial, les étudiants africains représentent environ un étudiant mobile sur dix : ils étaient ainsi 432.589 à suivre des études dans un pays étranger en 2016, soit une augmentation de 16 % par rapport à 2013. Ils sont en moyenne deux fois plus mobiles que les autres étudiants, soit parce que leur pays connaît une crise grave, soit parce que l’offre d’études n’est pas développée. Sept pays africains concentrent la moitié des étudiants africains en mobilité : les trois pays du Maghreb (Maroc, Tunisie, Algérie), le Nigeria, le Cameroun, le Zimbabwe et le Kenya.

L’étude de Campus France relève que “si l’Europe reste la priorité (49 %), elle perd du terrain au profit de la mobilité intracontinentale (21 %), en particulier vers l’Afrique du Sud, le Ghana, la Tunisie ou le Maroc.” Autrement dit, les étudiants africains se tournent de plus en plus vers leur propre continent pour y suivre des études.

Doubler les accords de partenariat

Cette évolution des tendances n’est pas sans questionner la France sur ses ambitions pour attirer les étudiants africains. “La France doit se placer dans une démarche d’attractivité, à l’échelle mondiale, assure Olivier Chiche-Portiche. Dans son discours de Ouagadougou, prononcé le 28 novembre 2017, Emmanuel Macron disait vouloir remettre la France au centre des préoccupations des étudiants africains.” À cette occasion, le président de la République a émis le souhait de voir doubler le nombre d’accords de coopération établis entre la France et les pays africains.

“On a besoin de l’Afrique, parce que ses étudiants contribuent au rayonnement de la France. (O. Chiche-Portiche)”

Depuis quelques années, de nouveaux modèles se développent, avec la création d’antennes de grandes écoles et universités françaises directement sur le continent, à l’image de Sorbonne Abu-Dhabi, de Centrale Casablanca ou encore de Dauphine Tunisie.

“On a besoin de l’Afrique, parce que ses étudiants contribuent au rayonnement de la France, notamment en matière de recherche, résume Olivier Chiche-Portiche. C’est également positionner la France sur un continent de forte croissance démographique et économique, les alumni africains formés en France étant autant de leviers pour accroître nos relations commerciales avec ce continent”.

What do you think?

71 points
Upvote Downvote

Total votes: 0

Upvotes: 0

Upvotes percentage: 0.000000%

Downvotes: 0

Downvotes percentage: 0.000000%

Abdourahmane

Posté par Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Soudan-Université Al Ahfad

Soudan : un doyen d’université bat ses étudiantes qui protestent sur le campus

Recrutement d'un ingénieur de production informatique

Recrutement d’un ingénieur en informatique et en télécommunication