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Next Einstein Forum : l’Afrique des sciences prend son envol

NEF 2018
Au-delà de rassembler les scientifiques et les chercheurs africains, le Next Einstein Forum ambitionne de décupler les initiatives autour des sciences pour le développement du continent.

Vous ne les connaissez sûrement pas, mais face aux graves maladies qui frappent le continent africain – paludisme, sida, tuberculose, Ebola… – ces scientifiques africains sont bien en première ligne. Et déjà, dans leurs laboratoires, leurs start-up, installés partout dans le monde, de jeunes Africains brillants font de nouvelles découvertes, réalisent des progrès scientifiques énormes, repoussant les limites de l’innovation. Dans cete dynamique, ils se sont tous retrouvés ce 26 mars à Kigali, au Rwanda, dans le cadre du Next Einstein Forum. Une rencontre bi-annuelle dont l’ambition est d’offrir aux jeunes scientifiques africains une plateforme d’échange et de promotion.

Kigali rassemble les scientifiques africains du monde entier

« La Rencontre internationale du NEF 2018 n’est pas une conférence de plus : elle présentera des découvertes scientifiques innovantes qui transforment notre façon de vivre et de relever les défis mondiaux et locaux sur le continent. La science est essentielle pour le progrès de l’Afrique. Le forum le démontrera concrètement aux dirigeants politiques et économiques, afin de galvaniser leur soutien aux scientifiques africains », a déclaré Thierry Zomahoun, président directeur général de AIMS, et président du NEF. Ce forum de trois jours rassemble plus de 1 200 scientifiques, décideurs, chefs d’entreprise, leaders de la société civile et entrepreneurs. Y seront présentées les contributions de l’Afrique à l’effort scientifique mondial et la façon dont elles influent sur la transformation du continent.

Aussi incroyable que cela puisse paraître avant que ne soit lancée cette rencontre par l’Institut panafricain des sciences mathématiques (AIMS en anglais), créé en 2003 par le physicien Neil Turok et basé au Cap en Afrique du Sud, l’Afrique était inexistante sur la carte des grandes rencontres scientifiques du monde. Dix ans après sa création, cet institut dirigé par Thierry Zomahoun a formé plus d’un millier de mathématiciens de niveau master et doctorat dans les cinq pays où se trouvent ces centres en Afrique du Sud, au Sénégal, au Ghana, au Cameroun et en Tanzanie. Parmi les plus brillants scientifiques à la pointe dans les découvertes majeures, on retrouve le Congolais Jonathan Mboyo Esole, actuellement directeur de recherche associé en santé publique à l’université Yale aux États-Unis. Ses recherches portent sur le lien entre la malaria, la bilharziose et le VIH.

Des chercheurs africains à la pointe dans les innovations de demain

Comme lui Yabebal Fantaye et Amna Abdalla, co-présidents de la Communauté des scientifiques du NEF, veulent voir dans ce rassemblement les jalons d’un changement de paradigme pour les sciences africaines. « Dans un futur proche, nous aimerions lire couramment des informations telles que : Grâce à des chercheurs rwandais, on pourra désormais construire des ordinateurs quantiques à usage général ; À l’aide du télescope Square Kilometer Array (SKA), construit dans le désert de Karoo, en Afrique du Sud, une équipe internationale a détecté un signal radio provenant d’une étoile proche suggérant fortement que la vie existe en dehors de notre système solaire ; Une équipe basée au Nigeria a produit de nouvelles semences de riz génétiquement modifiées qui devraient soutenir efficacement une nouvelle révolution verte. Le Nigeria est maintenant en mesure de faire face à ses besoins en riz au cours de la prochaine décennie, ce qui lui fera économiser environ 2 milliards de dollars en importation de riz  », écrivent-ils dans un communiqué adressé aux participants du NEF.

Pourtant, les impacts de cette initiative se mesurent déjà sur le terrain des défis scientifiques. Une jeune chercheuse nigériane a utilisé les modèles mathématiques dans la fabrication d’un système robotique pour améliorer la sécurité dans les mines. Les exemples font foison dans le domaine de la santé. Une jeune Kényane a développé sur la base de la modélisation mathématique un système de détection précoce de la malnutrition chez les enfants. Un ingénieur camerounais, Arthur Zang, a inventé Cardiopad, tablette médicale qui permet de réaliser des électrocardiogrammes et d’envoyer via Internet les résultats à un cardiologue. Arthur Zang présentera son travail à la Rencontre internationale du NEF 2018. Un chercheur kényan, Alex Chika Ezeh, a produit des informations critiques pour le développement durable en Afrique dans une vaste étude démographique, sanitaire et éducative. Et la liste est encore très longue !

Comment faire revenir les scientifiques africains chez eux ?

Mouhamed Moustapha Fall, un scientifique sénégalais, a d’abord mené en Europe ses recherches en analyse géométrique, un « domaine qui relie les équations aux dérivées partielles et la géométrie différentielle ». En 2013, il a décroché une chaire de la Fondation allemande Alexander von Humboldt à l’African Institute for Mathematical Sciences (AIMS) du Sénégal. Un retour dans son pays natal qui n’est pas de tout repos. Avec un taux d’inscription dans l’enseignement supérieur parmi les plus faibles au monde, l’Afrique subsaharienne dispose d’un réservoir de scientifiques et de professionnels de la technologie sans commune mesure avec ses besoins, alors que ce secteur y bénéficie de moins de 1 % du produit intérieur brut (PIB) des États (contre 1 à 3,5 % en Europe occidentale et en Amérique du Nord). Pour rattraper ce retard, ce qui est l’un des objectifs prioritaires du NEF, les chercheurs estiment que les pays bénéficiant d’une relative croissance, comme le Nigeria, l’Éthiopie ou le Rwanda, doivent investir dans les universités. Le NEF travaille également avec des partenaires tels que l’Académie africaine des sciences, les ministres de l’Éducation, de la Science et de la Recherche en Afrique, des fondations et d’autres entreprises scientifiques et privées internationales pour construire une identité scientifique africaine.

Des lignes qui bougent aussi entre pays africains. Si Kigali a abrité la semaine dernière le sommet de l’UA, qui a vu la signature de l’accord de libre-échange interafricain, le pays de Paul Kagame semble offrir une énergie particulière pour décloisonner les recherches scientifiques et accélérer les collaborations entre laboratoires africains. Pour cela, plusieurs scientifiques vont présenter leurs travaux dans différents pays. Entre le 9 et le 14 avril 2018, les Kinois pourront croiser certains de ces chercheurs, lors de la cinquième édition de la Semaine de la science et des technologies, organisée à l’initiative de Raïssa Malu (ambassadrice de la RDC pour la rencontre internationale 2018 du NEF).

lepoint.fr

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Abdourahmane

Posté par Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

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