in ,

Le Next Einstein Forum célèbre les meilleurs espoirs de la recherche africaine

NEF

Du 26 au 28 mars 2018 se tient au Rwanda le Next Einstein Forum, événement consacré aux plus prometteurs jeunes chercheurs africains. Avec un double enjeu : celui de la transmission, et plus particulièrement de l’éducation.

L’Afrique est bien décidée à se forger la place qu’elle mérite dans la communauté scientifique internationale. Et le Next Einstein Forum (NEF), organisé pour sa troisième édition à Kigali du 26 au 28 mars 2018, au Rwanda, en apporte la démonstration de force. L’événement, organisé tous les 2 ans par l’Institut panafricain des sciences mathématiques (AIMS en anglais), récompense les meilleurs espoirs de la recherche scientifique africaine, à travers sa bourse d’excellence qui sélectionne des lauréats de moins de 42 ans, dont au moins 40% sont des femmes, africains ou issus de la diaspora africaine. L’objectif des 3 jours de conférence, auxquels assiste Sciences et Avenir : valoriser la recherche mais aussi la transmission des savoirs par l’éducation, et en particulier chez les jeunes filles.

La recherche scientifique est aussi un enjeu politique pour le continent. Paul Kagame, président du Rwanda, l’annonce dans son discours d’introduction. “La science africaine ne peut être produite de façon isolée, elle doit être panafricaine. Et il faut maîtriser les sciences et les mathématiques lorsqu’on veut se développer. L’Afrique doit rattraper le reste du monde, mais sans oublier l’éducation de nos filles et de nos enfants !”. Éducation et égalité des genres : des mots d’ordre essentiels, au-delà des seuls enjeux économiques. “Nous croyons que l’innovation doit aiguillonner la croissance économique grâce à la production et à la diffusion du savoir”, déclare Thierry Zomahoun, fondateur et président du Next Einstein Forum.

“C’est par l’enseignement qu’il faut agir pour lutter contre les inégalités de genre dans l’apprentissage des sciences”

Outre les lauréats de la bourse d’excellence, qui travaillent dans des domaines variés, tels que la santé, les mathématiques ou l’informatique, chaque pays africain est représenté par un chercheur ambassadeur. Tous, lauréats ou ambassadeur, ont à cœur cet enjeu de la transmission. “J’ai eu la chance de ne jamais douter de ma vocation médicale grâce à ma famille, mes professeurs et mes mentors. Sans eux, je ne serai pas là où je suis”, explique Tolu Oni, professeure associée à l’université de Cape Town et lauréate du NEF. “Les enseignants sont très importants. Il ne faut pas oublier que le système de production scientifique, ce n’est pas seulement la recherche mais aussi l’éducation. Si l’on veut combattre les inégalités liées au genre dans la société, pour permettre aux filles d’étudier les sciences, il faut agir sur l’éducation donnée dès le plus jeune âge, puisque c’est l’enseignement qui perpétue ces stéréotypes.” 

TRANSMISSION. Ces scientifiques deviennent à leur tour des mentors, à l’image de Jonathan Esole, professeur de mathématiques natif de Kinshasa (République du Congo) passé par Boston et Harvard, qui relate son engagement auprès de Malaika, une ONG qui s’engage pour l’éducation des fillettes dans les zones rurales de RDC. “Je donne des cours de mathématiques à des jeunes filles de 13 ans. Mais mes étudiantes sont si douées que je parle déjà d’elles à mes confrères dans les plus grandes université du monde ! D’ici quelques années, j’aurais des perles à leur proposer. Je suis fier d’être la personne qui leur ouvrira les portes de la recherche scientifique.”

Scientific African, une nouvelle publication scientifique dédiée à la recherche africaine

Le futur Einstein sera-t-il africain ? Certains des chercheurs présents partagent en tout cas un point commun avec le génial Albert, né Allemand, un temps apatride et finalement mort américain : celui de du déplacement afin de poursuivre leurs travaux dans de prestigieuses universités ou institutions étrangères. Le NEF est ainsi l’occasion de rendre à l’Afrique le rayonnement scientifique qui lui échoit.

Et un éditeur scientifique international comme Elsevier y voit des opportunités : à l’occasion du forum a été annoncée la création, aux côtés de l’AIMS, d’une nouvelle revue scientifique à comité de lecture. Intitulée Scientific African, celle-ci sera disponible en open access afin de favoriser le partage des savoirs entre chercheurs de différents pays africains.

sciencesetavenir.fr

Abdourahmane

Posté par Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sidy Ndao lauréat du Next Einstein Forum

Next Einstein Forum 2018: Le Sénégalais Sidy Ndao parmi les 16 lauréats

Connectivité Mobile/nouvelles applications/Accès à Internet en Afrique/Afrique de l'Est

Une application mobile pour renforcer le commerce entre pays d’Afrique de l’Est