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Absence de politique d’éducation inclusive : Le Sénégal est très loin de l’ODD 4.5

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Dans le cadre du projet «Partenariat Mondial pour l’Education : Contribuer à l’éducation pour la transformation sociale au niveau régional et global», un atelier sur l’état des lieux de la mise en œuvre de la cible 4.5 de l’ODD4 s’est tenu hier, lundi 28 octobre. Il ressort des débats que l’absence d’une approche holistique pour la prise en charge de l’éducation inclusive est partie pour freiner l’atteinte de l’objectif de développement durable (Odd) n°4, notamment dans sa cible 4.5.

Après un échec dans la réalisation de l’Education pour tous (EPT), des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), l’éducation inclusive définie clairement dans l’objectif de développement durable (Odd) n°4, notamment dans sa cible 4.5, semble prendre le même chemin. En effet, l’absence d’une politique d’éducation inclusive fondée sur une vision claire, constitue le principal handicap pour la mise en œuvre de la cible 4.5 de l’ODD 4 au Sénégal. Ce n’est pas demain la veille de l’élimination des inégalités entre les sexes dans le domaine de l’éducation et assurer l’égalité d’accès des personnes vulnérables, y compris les personnes handicapées, les autochtones et les enfants en situation vulnérable, à tous les niveaux d’enseignement et de formation professionnelle.

L’éducation inclusive se heurte à l’absence d’une approche holistique de prise en charge des enfants à besoins éducatifs spéciaux sur tous les ordres d’enseignement. Les projets d’éducation inclusive menés par le ministère de l’Education nationale et quelques acteurs sont loin de suffire pour la prise en charge de la formation appropriée à ce groupe vulnérable. Autrement dit, il existe une discontinuité de l’offre. Par exemple, la prise en charge des enfants à besoins spécifiques dans certaines écoles élémentaires est une réalité à l’école Pikine 23b de Guédiawaye, l’école Malick Diop de Thiaroye sur Mer et l’école Cherif 1 de Rufisque.

Mais qu’en est-il de leur intégration dans les collèges, ensuite dans les lycées et enfin dans les universités ?

Les interventions d’une éducation inclusive sont pour le moment, parcellaires.
En revanche, une politique de prise en charge globale pourrait permettre de définir les modalités de prise en charge de ces enfants et adultes dans tous les secteurs de l’enseignement.

Il est noté le développement des infrastructures adéquates, la définition des curriculas, loin de se limiter seulement à la séparation géographique des toilettes, pour parler d’inclusion.

La situation actuelle du système éducatif sénégalais présentée à l’occasion de l’atelier sur l’état des lieux de la mise en œuvre de la cible 4.5 de l’ODD4 organisée par la Coalition des Organisations de la Société civile (Cosydep), montre d’autres difficultés inhérentes à l’éducation.

Il s’agit de de la formation des enseignants. Alors que le premier facteur pour la réussite de l’éducation inclusive reste la possibilité d’offrir aux enfants une formation de qualité, le dispositif de répartition des enseignants qualifiés ou non, restent une grande problématique. Au nom de quelle politique les enseignants les mieux formés restent dans les villes et que les moins formés ou les nouveaux sortants sont envoyés dans le milieu rural. Tout comme il a été noté des déficits criards d’enseignants dans certaines régions, alors qu’il en existe un surplus par exemple à Dakar et Thiès.

A Vélingara, il a été noté un déficit de 90 enseignants, tous ordres confondus. La circonscription de Bambey enregistre un déficit de 100 enseignants. Dans l’inspection d’éducation et de formation de Nioro, il a été signalé un manque de 93 enseignants en langue française et 25 en langue arabe. Le département de Kaolack traine un déficit de plus de 100 enseignants. En 2017, l’académie de Matam trainait un déficit de 257 enseignants, Tambacounda avec un manque de 166 enseignants. Kolda avec un déficit de 149 enseignants.

En 2018, Saint-Louis et Sedhiou trainaient un besoin respectivement de 247 et 425 enseignants. Conséquences : 60% d’enfants hors écoles sont du milieu rural contre 30% en milieu urbain. Le dernier bilan à travers le rapport de performance du secteur de l’éducation en 2018, laisse apparaître des insuffisances criardes dans les performances du système concernant l’accès de tous à une éducation de qualité.

Dans une contribution présentée par ActionAid Senegal, il a été noté que «les toilettes ne sont pas adaptées aux enfants vivant avec un handicap, l’inexistence de TIC et autres équipements complémentaires entrant dans le paquet de service au niveau des écoles et 60 % des infrastructures (salles de classe et toilettes) ne facilitent pas la circulation aux enfants à mobilité réduite».

Le directeur de ActionAid Senegal Zakaria Sambakhé donne l’exemple des «20 écoles visitées dans l’arrondissement de Koussanar, seules 3, dit-il, (Kawral, Sinthiou Dawady et Dawady) disposent de rampes d’accès pour les élèves à mobilité réduite».
In fine, l’éloignement de l’école, les mariages ou grossesses précoces, la dégradation de l’état de santé de l’enfant, l’absence d’acte de naissance, sont les autres facteurs bloquants de l’atteinte de l’ODD4 de la cible 5.

Pour la présidente du Conseil d’administration (PCA), Helene Rama Niang Dieng, «toutes les personnes qui souffrent d’un handicap, devraient être prises en compte. Les femmes devraient être alphabétisées davantage. Il faudrait un accès croissant des filles par rapport à l’école. La question de la formation professionnelle doit être ouverte à tout le monde».

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Written by Arame

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