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TROIS QUESTIONS A… BOUBA DIOP DIT BUUBA, PROFESSEUR TITULAIRE DE CLASSE EXCEPTIONNELLE ET ANCIEN MEDIATEUR DE L’UCAD (2004-2011)

retraite de professeurs de rang A

«J’avais vu venir…»

WalfQuotidien : Le départ massif à la retraite de professeurs de rang A est une réalité. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Pr Bouba DIOP : J’étais étudiant dans cette université. De notre temps, nos profs, pour l’essentiel, étaient des Français. C’est dans les années 1980 qu’on nous a recrutés. C’est à partir de ces années que l’Ucad a connu un nouveau visage. C’est pourquoi on assiste à ce problème. Nous sommes tous de la même génération. L’autre aspect, c’est le fait que depuis les années 80, on n’assiste plus à des recrutements de façon constante. Dans les années 90, il n’y a pas eu beaucoup de recrutements. Idem pour les années 2000. Du coup, ce sont les professeurs qui ont été recrutés qui continuent à occuper le rang le plus élevé. Les autorités n’ont pas pensé à l’âge de ces professeurs recrutés dans les années 80. C’est pourquoi, on fait face actuellement à un problème dont les causes sont liées à un manque de recrutement.

En tant qu’ancien médiateur, comment aviez-vous réagi à ce problème ?

J’ai, à deux reprises, alerté les autorités par rapport au départ massif à la retraite des professeurs de rang magistral. J’ai été médiateur pendant 8 ans. C’est en 2011 que j’ai quitté ce poste. J’avais vu venir ce problème. J’avais attiré l’attention du recteur d’alors, Abdou Salam Sall. Je lui avais envoyé un rapport en lui disant de faire attention. Parce qu’on va arriver à un moment où un grand nombre de profs iront à la retraite. La deuxième fois, c’est quand j’ai rencontré le président de la République Abdoulaye Wade, à la suite de la mort de l’étudiant Bassirou Faye, en 2014. Je lui avais dit qu’il est nécessaire de mettre un terme aux bagarres entre policiers et étudiants, qu’il n’y ait plus de grenades lacrymogènes à l’Ucad. Mais, j’avais dit qu’on va avoir des problèmes très graves. Parce qu’il va y avoir un grand nombre de profs qui iront à la retraite. Il y a moins de deux ans, on était 80 professeurs de rang magistral (en fac de Lettres, Ndlr). Actuellement, on est en deçà de ce nombre.

Quelles propositions pour arrêter la saignée ?

J’ai, un jour, entendu un ministre dire qu’il y aura 500 recrutés, l’année prochaine. Ce n’est pas une question de recrutement immédiat qui règle le problème. Le remplacement d’un prof de rang A ne se fait pas comme dans l’administration, c’est-à-dire poste pour poste. Il y a une situation qui se présente. Il y a aussi la question de la rémunération. Mais, ce n’est pas cela le problème. La solution, c’est quelle est la politique en matière de ressources humaines, surtout qu’on crée des universités nouvelles partout ? Il faut régler de façon globale cette question. Ceux qui veulent aller à la retraite à 65 ans peuvent le faire. Que ceux qui le souhaitent à 70 ans, le fassent. Ce qui importe, c’est qu’ils soient dans de bonnes conditions. Même les pays les plus riches qui ont plus de ressources humaines, n’envoient pas leurs profs à la retraite comme ça. Aux Usa et au Canada, les professeurs ne vont pas à la retraite. C’est quand ils sont fatigués qu’ils arrêtent.

Recueillis par S. KA

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