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Next Einstein Forum : Le Président Macky Sall invite l’Afrique à s’arrimer à la révolution numérique

révolution numérique

Après le président rwandais, Paul Kagamé à l’ouverture, le discours de son homologue, Macky Sall était attendu au deuxième jour du Next Einstein Forum (Nef). Dans son adresse, le chef de l’Etat a déclaré que le continent africain, après avoir manqué la révolution industrielle, ne doit pas se permettre de rater celle du numérique.

Cinq jours seulement après avoir quitté Kigali, le président Macky Sall y est retourné, hier, pour prendre part à la 2ème édition du Next Einstein Forum (Nef). Pour lui, cela en valait bien la peine, car au-delà d’en être le parrain avec son homologue Paul Kagamé, cette initiative, lancée à Dakar, en 2016, défend la cause de la science et de la technologie en Afrique. Une cause qui, a-t-il rappelé, lui est chère comme en atteste son engagement d’augmenter les investissements consacrés à ce secteur en vue d’atteindre 0,7 % du Pib d’ici à 2020 et 1 % du Pib à 2025. Sa détermination renouvelée à faire de la science et de la technologie les leviers du développement économique et humain en Afrique se justifie par le fait qu’il est persuadé «qu’il ne peut y avoir de développement autrement sans le soutien de la science et de la technologie».

C’est pourquoi le président Macky Sall a pensé que le Nef doit «garder toute sa vitalité et sa dynamique de catalyseur des progrès scientifiques et techniques» sur le continent africain. En effet, pour le chef de l’Etat, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, «tout obéit, aujourd’hui plus que jamais, à la rigueur et aux opportunités que la science et la technologie nous proposent».

Cela étant, le président Sall a indiqué que l’enjeu actuel pour l’Afrique, c’est de se donner les moyens de maintenir le rythme du progrès afin de rester au contact de l’économie du savoir pour ne pas courir le risque de marginalisation comme elle le fut avec les trois révolutions industrielles qui, jusqu’ici, ont marqué l’histoire du monde. «Si l’Afrique est en retard sur la révolution industrielle, elle doit s’arrimer fermement à celle du numérique. Elle en a la capacité et nos jeunes en ont le talent et l’intelligence. Nous sommes dans un nouveau cycle de l’histoire de la science et de la technologie. C’est un gisement en friche dont bien des outils sont à la portée des Africains», a-t-il martelé.

Pour illustrer son propos, le chef de l’Etat a donné l’exemple du transfert d’argent par téléphone, une innovation née sur le continent et qui fait son chemin ailleurs. Une manière pour lui de montrer qu’au-delà du gap numérique entre le Nord et le Sud, «l’Afrique peut emprunter des raccourcis en faisant appel au génie créateur de sa jeunesse grâce aux innovations technologiques, notamment celles du numérique». Selon le président Sall, «il y a tout un écosystème numérique qui bourgeonne et dont [les] jeunes [africains] sauront faire des fleurs qui porteront les fruits de l’avenir».

De la parole aux actes
Mais, pour que le talent de ces jeunes éclot, il a appelé à passer de la parole aux actes, donnant l’exemple du Sénégal où, depuis son accession à la magistrature suprême, il a posé des actes allant dans le sens de donner à l’enseignement des sciences et l’innovation technologique toute la place qu’ils méritent. Parmi ces actions, le chef de l’Etat a fait mention de l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs), du Parc des technologies numériques, de l’acquisition d’un supercalculateur, du lancement, dès cette année 2018, des Licences, Master et Doctorat en Intelligence artificielle, Big Data, Cybersécurité, Robotique, Simulation numérique, Calcul scientifique et modélisation génétique moléculaire. Sans oublier la stratégie « Sénégal numérique 2025» qui prévoit la formation de 3.000 personnes par an qualifiées dans les métiers liés à l’externalisation ou la sous-traitance, l’octroi de 300 bourses d’études par an dans le domaine du numérique et la formation de 1.000 personnes par an dans l’entreprenariat numérique.

Cependant, Macky Sall ne perd pas de vue que, malgré les efforts consentis par son gouvernement, des investissements sont encore nécessaires en ce sens que «la science, à son avis, est par définition évolutive», car «nos certitudes d’aujourd’hui sont nos doutes de demain». Cela dit, sa conviction est que l’Afrique ne doit pas se contenter du discours lénifiant faisant d’elle le continent de l’avenir. Il faut que les Africains soient plus exigeants avec eux-mêmes, a-t-il dit. «Nous devons travailler à être les acteurs qui transforment le présent pour façonner le futur. L’économie du savoir nous en offre la chance. C’est à nous de la saisir, c’est à nous de nous inscrire dans le sens de l’histoire, pas seulement par la parole, mais surtout par les actes», a conclu le président de la République.

ECONOMIE BASEE SUR LA CONNAISSANCE : MACKY SALL ET PAUL KAGAMÉ EXPOSENT LEUR VISION
Pr et Kagame 18


Le panel présidentiel a été le prétexte pour le président Macky Sall et son homologue Paul Kagamé d’exprimer leurs points de vue sur la manière de bâtir des économies fondées sur la connaissance.

«Poser les bases d’économies fondées sur la connaissance». C’est ainsi qu’est intitulé le livre blanc préparé par le Nef. Ce document a servi de prétexte au panel présidentiel co-animé par les Présidents Macky Sall et Paul Kagamé. Les deux chefs d’Etat sont revenus sur la manière dont ils s’y sont pris pour mettre, chacun en ce qui le concerne, l’enseignement des sciences et la promotion de l’innovation au cœur de leurs politiques publiques.

Pour le Président Sall, tout est parti du diagnostic établi à la suite de la Concertation sur l’avenir de l’enseignement supérieur de 2013. Les recommandations qui en sont issues ont permis de dégager onze directives présidentielles, lesquelles sont actuellement appliquées. Depuis, a-t-il souligné, la carte universitaire s’est élargie avec la construction en cours de deux nouvelles universités qui vont s’ajouter aux cinq existantes. La création d’Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (Isep), la diversification de l’offre de formation et les différentes réformes, relatives notamment à l’ouverture de l’université au monde professionnel, aux titres et aux grades, sont également le fruit de cette concertation. Si toutes ces actions ont un écosystème favorable, il reste que la question du financement est une préoccupation majeure, a indiqué le chef de l’Etat. Néanmoins, a-t-il relevé, malgré des moyens limités, le gouvernement a fait l’effort d’investir, sur cinq ans, plus de 830 millions de dollars dans le secteur de l’enseignement supérieur, dont les 42,5 % viennent des ressources publiques et le reste des partenaires comme la Banque mondiale, l’Afd… «L’effort financier fourni en cinq ans fait deux fois et demie tout ce qui a été consenti dans ce secteur depuis 52 ans. Depuis 2012, nous avons multiplié de 2,5 % les investissements sur les infrastructures, les équipements en faveur de l’enseignement supérieur», a-t-il précisé. Le Partenariat public-privé est aussi une voie à explorer pour le financement de l’enseignement supérieur, a pensé Macky Sall.

Selon lui, les transformations en cours dans le domaine de l’enseignement supérieur sénégalais ont été rendues possibles grâce à un statut révisé, une volonté politique affirmée et une prise de conscience du rôle que doit jouer la jeunesse pour le développement de l’Afrique. Dans cet ordre d’idées, le président a estimé que l’Afrique n’a pas de complexe à se faire et doit s’inspirer de pays comme le Japon, la Chine et la Corée qui ont cru en la force de transformation de la science.

Promotion de la scolarisation des filles
Plus près de nous, le Rwanda est l’exemple parfait qu’on peut partir de rien pour créer un écosystème dynamique. Paul Kagamé a parié sur l’innovation au début des années 2000, son pays commence à en récolter les fruits. Selon le président rwandais, au lendemain du génocide, il a donné priorité à la sécurité et à l’éducation. Ce dernier secteur, a-t-il indiqué, est la colonne vertébrale de toutes les actions qu’il pose. «Il nous fallait tout reconstruire aux lendemains de ces évènements douloureux, car tout était à terre. Tout le monde devait participer à l’effort de reconstruction du pays. Par la formation, nous avons donné l’opportunité à tout le monde d’y contribuer. Quand nous avons pris cette option, beaucoup de gens pensaient qu’on n’y arriverait pas. L’histoire nous a donné raison», a-t-il expliqué. Pour y arriver, le gouvernement rwandais a fait la promotion de la scolarisation des filles et veillé à une utilisation équilibrée des ressources du pays. «Nous avons mis l’accent sur nos priorités tout en veillant à ne pas être submergé par nos défis. Nous avons eu aussi beaucoup de chance. En effet, des jeunes sont allés se former ailleurs et 80 % d’entre eux sont revenus après leurs études pour mettre leur expertise au service de leur pays. Nous avons tracé notre chemin et nous allons continuer à le parcourir. Je ne peux pas être Mark Zuckerberg, mais je vais essayer d’accompagner les autres à devenir des Mark Zuckerberg. Bref, nous sommes heureux de voir le Rwanda renaître de ses cendres», a ajouté le président Kagamé.

Le panel présidentiel a été clôturé par la remise des trophées aux lauréats du Nef 2018 parmi lesquels figure le Sénégalais Sidy Ndao, expert en éducation de la science et de la technologie, mais qui n’a pas fait le déplacement à Kigali.

lesoleil.sn

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Abdourahmane

Posté par Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

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