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ENTSS : Les travailleurs sociaux spécialisés brisent le silence

Rtss

S’il y a un autre établissement pédagogique supérieur qui forme des chômeurs à coté des universités publiques, c’est bien l’Ecole nationale des travailleurs sociaux spécialisés – ENTSS. Créée depuis 1994, cette école offre des étudiants  fins prêts à être redéployés dans le marché de l’emploi. Malheureusement, les fonctions de ces diplômés sont, soit méconnues du public, soit ne sont pas considérées par les autorités. C’est un constat établi, samedi dernier, par les anciens étudiants de cet établissement, regroupés autour du Rassemblement des travailleurs sociaux spécialisés (Rtss).

Profession méconnue de l’opinion publique, manque de considération de la part des autorités, problème de recrutement sont entre autres les difficultés dont souffrent les diplômés sortants de l’Ecole nationale des travailleurs sociaux spécialisés (ENTSS). Depuis sa création en 1994, cet établissement forme en majeur partie des chômeurs. Et depuis, le nombre d’étudiants ne cesse d’accroître d’année en année. Vue cette situation, des anciens étudiants de cet école regroupés autour d’un mouvement rompent le silence et exigent de l’Etat des lendemains meilleurs après au moins 3 ans de formations. Lors d’un point de presse, le samedi dernier, Ngounda Diallo, président du Rassemblement des travailleurs sociaux spécialisés (Rtss) et ses amis promettent d’entamer une lutte pour la revendication de leur statut. « Les travailleurs sociaux spécialisés ont constaté un manque de considération de la part des autorités. Nous ne sommes pas pris en charge dans les dispositifs de l’Etat alors que nous sommes formés ici dans le pays. Vue cette situation, nous nous sommes dits pourquoi pas sortir de notre réserve pour revendiquer notre statut. Nous ne sommes pas en train de dénoncer mais d’appeler nos dirigeants à la retenue et avoir plus de considération à ces jeunes diplômés. Nous voulons leur faire savoir qu’ils forment des profils qui sont intéressants », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Créée en 1994, cette école a formé des centaines d’étudiants. Chaque année, elle reçoit 40 étudiants directs et une vingtaine qui payent, et tous sortent avec un diplôme de travailleur social spécialisé ».

Selon lui, elle est la seule école en Afrique de l’ouest spécialisée dans ce domaine qui forme des cadres opérationnels sur le terrain tout en liant la théorie et la pratique. « Tous les étudiants des autres pays formés dans cette école avec nous deviennent des cadres dès leur retour au bercail. Alors que nous nous retrouvons dans la rue à cause d’un manque de considération et de sensibilisation sur notre profession ».

Abondant dans le même sens, Moussa Ba, secrétaire général dudit rassemblement, fait savoir que l’importance du travailleur social spécialisé n’est pas à démonter dans un pays qui prône la réussite de la politique sociale. « L’importance du travail social n’est plu à démontrer dans un pays comme le Sénégal. Depuis l’indépendance, le problème majeur du pays demeure la demande sociale. C’est par rapport à cela que le Sénégal s’est doté depuis 1994 d’une école de formation spécialisée en travail social spécialisé. Cette école forme des cadres moyens et supérieurs dans diverses spécialités. Ce sont des acteurs qui peuvent intervenir dans les politiques publiques et particulièrement celles sociales de l’Etat du Sénégal », précise t-il.

Pour sa part,  le Sénégal à travers son Plan Sénégal Emergent (Pse) a mis en place beaucoup de programmes comme la bourse de sécurité familiale, le programme d’urgence de développement communautaire, la couverture de maladie universelle, etc. « Malheureusement, les travailleurs sociaux spécialisés  ne sont impliqués pas dans la politique de gestion de ces programmes et projets. Alors que ces derniers peuvent les amener à un niveau élevé sur le plan international », a-t-il constaté.

Ne s’arrêtant pas  en si  bon chemin, il fait savoir qu’il y a un réel problème de sensibilisation des autorités étatiques par rapport au profil adéquat au poste de travailleur social. « Nous avons constaté que  le choix des postes  au niveau des directions générales, de ces projets de politiques sociales fait défaut. Les gens qui les dirigent ne sont pas spécialisés dans ce domaine. Notre malheur en est que les travailleurs sociaux sont laissés en rade dans cette gestion », conteste t-il. Avant d’ajouter : « Dans le cadre de recrutement à la fonction publique, le métier du travail social spécialisé est le parent pauvre. Parce que sur les 1000 agents de la fonction publique, on nous avait promis un quota de 30 travailleurs sociaux spécialisés et de 27 assistants sociaux. En réalité, depuis 2012, il n’y a que 20 travailleurs sociaux spécialisés et 15 assistants sociaux qui ont été recrutés. La demande est là et les postes sont disponibles. Pourquoi l’Etat ne donne pas une importance capitale à ces jeunes formés dans une école bien déterminée ? » se demandent ces jeunes.

Abdallah Sarr

Posté par Abdallah Sarr

Reporter au Journal Universitaire. Spécialisé sur les questions de l'éducation et de l'enseignement supérieur.

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