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«Voilà», un tic de langage à éradiquer

tic de langage à éradiquer

La préposition «voilà» est employée à tout bout de champ, tantôt pour introduire une phrase, tantôt pour la conclure. Mais quand est-il correct d’employer ce mot ? Le Figaro revient sur son bon usage.

C’est le propre du tic. On s’en entiche, on s’en entête et on le répète. Tout le temps. À tout moment. Même pour ne rien dire. «Non mais oui», «Du coup», «grave, «genre». Harassant, éreintant, tuant… Ces mots aussi toquants que tiquants nous rendent complètement toqués. Identiques au tic-tac d’une dynamite, ils détraquent tout. «Voilà, il m’a dit que tu ne m’aimais plus», «j’arrive demain, voilà». Servie à toutes les sauces, la préposition «voilà» est devenue un incontournable de nos conversations. Souvent à tort. Le Figaro revient sur son bon usage.

Le mot n’a rien d’inepte à l’origine. Composé de la deuxième personne de l’indicatif de «voir» et de la particule «là», le terme, d’abord orthographié «vela», apparaît dans les usages dès l’année 1342. Il s’emploie pour «désigner une personne ou une chose relativement éloignée», indique Le Trésor de la langue française. Progressivement, la préposition intègre de nouvelles significations. On la retrouve utilisée dès la fin du XIVe pour «désigner des choses dont il vient d’être question précédemment». Mais pas seulement.

Vela, vella, voyla et voilà!

«Vela», parfois écrit «vella» devient une façon d’annoncer la venue d’un individu dans la locution «me vella» mais aussi une manière d’introduire une explication dans la formule «velà comment», au crépuscule du XVe siècle. Si son sens s’adapte aux conversations, il se déleste également de son carcan médiéval pour prendre la forme «voyla», puis «voilà» au début du XVIIe siècle. La préposition se retrouve par la suite en littérature dans l’expression «en voilà assez» pour mettre fin à un entretien et celle plus familière, «voilà-t-il pas que». Ce, avant de se transformer en exclamation sous la plume de Stendhal dans La Chartreuse de Parme. «En voilà du nanan!»

 

Véritable caméléon de la langue française, le mot «voilà» n’en reste pas moins aujourd’hui soumis à des règles. La préposition sert à la fois «à présenter ce qui est éloigné ou ce qui est passé et “voici“, ce qui est proche ou à venir» mais aussi «à présenter une personne», explique l’Académie française. Exemple: «Voilà ce que vous avez fait», «voici ce qui reste à faire», «voici l’ami dont je te parle».

Hormis ces emplois, on évitera d’en faire «une forme d’adverbe de phrase servant à introduire ce que l’on va dire ou à signaler que l’on n’a rien à ajouter», précisent les sages. Conclusion? Il est préférable de ne pas commencer ses phrases par un «voilà» ou de les conclure, sans d’autre objet que de dire… que l’on n’a rien à dire. Voilà tout.

lefigaro.fr

Abdourahmane

Posté par Abdourahmane

Je suis Diplômé en Aménagement et Gestion Urbaine en Afrique, Spécialiste en économie urbaine en même tant Reporter et Éditeur au Journal Universitaire. Je suis également un passionné des TIC.

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