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Article 24 du Concours : “La vie au campus : entre eldorado et enfer”

étudiants en sciences infirmières et obstétricales

Le Journal Universitaire vous présente le 24e article reçu dans le cadre du concours de rédaction d’articles lancé par le Groupe PRÉCISION. L’intitulé de cette contribution est “La vie au campus-Entre eldorado et enfer”. L’auteur s’appelle Anta Diaw FAYE. Elle est étudiante en Sciences juridiques de l’Université Gaston Berger Saint-Louis.

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La vie au campus : entre eldorado et enfer

A l’issue du baccalauréat, la quasi-totalité des jeunes affluent vers les universités nonobstant l’opposition de leurs parents. La réalité universitaire étant méconnue par ceux-ci ils croient qu’être étudiant dans les universités publiques est le seul moyen pour accéder aux rangs des Personnalités. Hélas, la majeure partie d’entre eux vont regretter ce choix tantôt pour des raisons liées à la vie sociale tantôt pour des raisons liées aux changements de la pédagogie.

La vie au campus est une problématique qui se trouve au cœur des débats des étudiants dès lors qu’à l’arrivée des nouveaux bacheliers un « choc culturel » s’impose à travers, notamment, le défaut d’adaptation d’une forme de vie différente de celle qu’ils connaissaient auparavant. En effet, les étudiants qui viennent des familles plutôt aisées ou ceux qui n’avaient pas l’habitude de voyager rencontrent des difficultés à s’adapter dans le campus social d’autant plus qu’ils vivent et dorment sous le même toit avec des personnes qui leur sont tout à fait étrangères. Etant obligés d’être sociables, ils partagent des choses qu’ils n’auraient jamais imaginé partager avec des personnes qui ne sont pas de leur entourage.

Entre mésentente avec les voisins, prostitution déguisée, insalubrité des toilettes publiques, le calvaire des étudiants non boursiers qui proviennent des familles démunis, la mauvaise qualité de l’alimentation… la liste exhaustive du mal-être des étudiants est loin d’être exhaustive.

Cela étant, la vie au campus social est une école informelle à plein-temps. Une école qui nous apprend à être mature et responsable, qui nous rend « libre » dans une prison ou nous sommes juges et parties et par conséquent décidons de ce que deviendra notre avenir. C’est l’Afrique en miniature, un milieu où tout est soit voué à l’échec soit ouvert à la réussite. Entre Eldorado et Enfer ? Luxe et souffrance, Blow et abstinence, chacun emprunte le chemin qui lui parait le meilleur du moment où il n’y a pas de MAÎTRE DU JEU.

Certains étudiants qui, en venant à l’université étaient totalement déviants finissent par emprunter le droit chemin. D’autres, en revanche, étant bien éduqués par leurs familles se sont métamorphosés à cause des mauvaises fréquentations.

La faute incombe en partie aux parents mais il n’en demeure pas moins que l’éducation de la rue est beaucoup plus influente que l’éducation de base, d’autant plus que les jeunes passent plus de temps dans la rue que dans les maisons.

Les tentations sont nombreuses dans le milieu universitaire. Certaines filles n’y échappent guère et s’adonnent à la prostitution déguisée au prix d’un abonnement dans les restos privés, d’invitations dans les restos et/ou d’excursions dans de grands hôtels, ainsi que de shoppings. Tout semble finalement “bon” pour ne pas envier les camarades et voisines réputées « class’ chic». Il serait bon que les parents se rendent au moins deux fois par an à l’université pour vivre avec leurs enfants les calvaires quotidiens.

J’ai souvent la chair de poule quand je vois la longueur des rangs lors des journées sans tickets communément appelés « JST » par les étudiants de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Ces longues files d’espoir montrent la « famine » de certains camarades étudiants qui restent des jours sans n’avoir rien à avaler, si ce n’est le petit-déjeûner et le pain que leurs voisins apportent en revenant des restaurants. Evidemment, il existe d’autres qui se la coulent douce, mangent à leur faim et jettent même de la nourriture oubliant tout simplement ceux qui n’y ont pas accès.

L’inégalité sociale est certes inévitable mais il serait opportun de le recouvrir par l’exigence de port d’uniforme au campus pédagogique pour supprimer les notions de démodé et d’élégance. Cela amènerait également à diminuer le taux de la prostitution déguisée qui prévaut au campus.

Le désistement, combien d’étudiants y pensent ? Les aléas de la vie se ressentent plus quand on vit loin de sa famille. Chaque étudiant a, ne se serait-ce qu’une fois, vécu une chose inénarrable qui a marqué sa vie. Au cours des années qu’il y passe, l’obligation de s’entretenir, de se soigner, de se protéger, d’organiser son train de vie incombe à l’étudiant.

Une nouvelle pédagogie s’impose, de nouvelles méthodologies sont enseignées ainsi l’étudiant se trouve étranger face au retournement des maquettes qui va entraîner la baisse de leurs niveaux. Parmi les raisons de ce désistement ont a, entres autres, le manque de concentration des étudiants du au surpeuplement des salles de révision et des chambres. Les salles d’étude dont l’essence était de permettre aux étudiants de réviser au campus social sont transformées en dortoirs en raison du déficit des logements sociaux.

La longueur des années académiques, le manque de respect de certains professeurs vis-à-vis des étudiants, le manque de sympathie des secrétaires administratifs, la massification des mouvements grévistes et surtout l’irresponsabilité des délégués sont des maux dont souffre le campus pédagogique.

Vivre en paix au campus social comme au campus pédagogique requiert du courage, un esprit de dépassement, de la volonté, de l’endurance, et surtout de la patience parce que rien dans cette vie ne s’acquiert dans la facilité. Les difficultés qu’on y rencontre quotidiennement permettent de savourer la réussite future.

4 Comments

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  1. Felicitations pour ton courage ma treis chere soeur … Tu a evoquei la realitei avec les mots qu’il faut.. tte fiére de toi..mashaAllah… dundeul

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