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Article 7 du Concours : “Vie au campus social”

Vie au campus social

Le Journal Universitaire vous présente le 7e  article reçu dans le cadre du concours de rédaction d’articles lancé par le Groupe PRÉCISION. L’intitulé de cette contribution est “Vie au campus social à l’UCAD”. L’auteur s’appelle Aliou NDONGO. Il est étudiant en Master 1 au Département de philosophie de l’UCAD.

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Vie au campus social à l’UCAD

Le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar est devenu ces dernières années un espace surpeuplé qui laisse peu de place à l’épanouissement des étudiants. Vu le grand nombre d’étudiants dont les conditions sociales ne permettent pas de louer une chambre aux environs de l’Université, comme les étudiants aisés le font souvent, le campus est devenu une sorte de foyer d’accueil dont la situation mérite qu’on en parle. Entre le surpeuplement et la promiscuité, c’est, en effet, le destin et la dignité des étudiants qui se jouent.

La promiscuité que l’on constate au campus social de l’UCAD est une situation dramatique d’autant plus grave qu’elle se présente comme étant « normale ». Aujourd’hui, c’est une banalité de savoir que des dizaines d’étudiants partagent une même chambre, qu’il faut se lever trop tôt le matin pour espérer prendre son bain dans des toilettes souvent occupées, et dont le degré de malpropreté est parfois tel qu’il semble préférable tout simplement de ne pas y mettre les pieds. Je ne parle même pas des restaurants universitaires dont l’accès n’est la plupart du temps permis qu’après s’être astreint aux exigences des longues queues à moins de prendre le raccourci, de faire du « jalgati » (c’est par ce terme que les étudiants désignent l’action de rompre la queue et d’aller directement à la porte pour entrer dans le restaurant). Mais, même en empruntant ce raccourci, la patience ne prend pas encore fin. S’agit-il du petit-déjeuner, il faut savoir attendre la disponibilité des tasses ; et, quand il s’agit du repas, il faut encore attendre qu’arrive à terme la cuisson du riz, si ce n’est le temps de laver les plats qui vous retient.

Cette promiscuité doit retenir notre attention pour au moins deux raisons ayant trait aux conséquences fâcheuses qu’elle entraîne. Une première conséquence est que la promiscuité est un obstacle à la réussite dans les études. Nous savons tous que les mauvaises conditions d’étude des étudiants jouent négativement sur leur performance intellectuelle et leur réussite scolaire. La deuxième conséquence réside dans le fait que la promiscuité influe négativement sur le comportement des étudiants. Elle contribue à la formation d’habitudes que d’aucuns qualifient souvent d’indignes d’un étudiant mais qui, lorsqu’on y regarde de plus près, apparaissent comme des solutions de survie. Quand elle mord trop sur l’espace vital, la promiscuité mène rapidement à la négation de l’humain en l’homme et à des discordances dans le vivre ensemble. Quand il y a trop d’idées dans une tête, il peut s’en suivre une dépression voire la folie. De même, quand il y a trop de personnes dans un espace réduit, il y a souvent une sorte de dépression collective engendrant à la fois des maux et des mécanismes de défense pour leur résolution.

Face à cette situation, il est urgent d’agir. L’Etat doit prendre les mesures nécessaires pour désengorger le campus social. A cette tâche, il appartient à tout citoyen de le seconder car, quoi que l’on dise, l’Etat ne peut jamais y arriver tout seul.

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